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mardi 27 septembre à 22h05
mardi 17 septembre 2013
favicon www.maitre-eolas.fr L’affaire du bijoutier de Nice, par Eolas (Journal d’un avocat 17/09)
Ne com­men­cez pas à sou­hai­ter que la loi du Far West ne s’impose. De peur que votre vœu soit exaucé.
Il a 67 ans, âge véné­ra­ble, auquel hélas la nature com­mence a pren­dre son dû. La vue baisse, la main trem­ble. Cet homme, sous le coup d’une ter­ri­ble émotion, mélange de peur, de colère, de dou­leur, car il a reçu des coups, sort dans la rue, un mer­credi matin à 9 heures, à l’heure où les enfants vont aux cen­tres de loisir ou au parc, et il ouvre le feu à trois repri­ses. En plein centre-ville. Avec une arme déte­nue illé­ga­le­ment. Sérieusement, vous esti­mez que c’est un com­por­te­ment digne d’éloge ? Dieu merci, il n’a blessé aucun pas­sant, il n’y a pas eu de balle perdue. Peut-on condi­tion­ner un com­por­te­ment à son résul­tat ? Si un enfant se ren­dant au parc s’était pris une balle perdue, applau­di­riez-vous tou­jours ce mon­sieur ? Et pour­tant, il aurait fait exac­te­ment la même chose. La fin ne jus­ti­fie pas les moyens dans une société civi­li­sée.
Source : Journal d’un avocat