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Littérature
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lundi 28 avril
Source : Rue89 Essayer de raconter une période historique, un mythe fondateur, d’un point de vue non seulement original, mais imprévisible", disaient-ils, de passage à Paris cette semaine. "Ils" ? Wu Ming 1 et Wu Ming 2, membres du groupe italien Wu Ming. Un groupe d’écrivains, comme The Rolling Stones est un groupe de rock. Un collectif dont l’entreprise est totalement inédite à cette échelle : une aventure qui mixe culture pop, littérature de genre, engagement politique et combat pour le copyleft. Rencontre, une semaine après le retour au pouvoir de Berlusconi. (...) samedi 26 avril
Source : Relevé sur le Net... Jamais mon cou ne s’est orné d’une cravate. C’est dire si je préside peu de conseils d’administration. La féminisation des noms de métiers donne le plus souvent des résultats disgracieux : voyez l’écrivaine. On pourrait déplorer cette injustice et considérer que nos égales et sœurs en esprit comme en infortune sont humiliées par ce primat du masculin dans la langue jusque sur leur lieu de travail. Elles sont vengées pourtant depuis que de fringants jeunes hommes, après cinq années de formation mais sans intervention chirurgicale, obtiennent le droit et l’honneur d’être appelés sages-femmes. (...) vendredi 25 avril
Source : Histoire Mon Amour La Ballade des Dames du temps jadis est un texte écrit par François Villon (1431-apr.1463). Une ballade est un court poème lyrique, (c’est-à-dire dans lequel l’auteur expose ses sentiments) qui apparait au XIVe siècle. Elle se compose de trois strophes finissant par un "refrain" (la même phrase à chaque fin de strophe) suivies d’un envoi ou d’une demi-strophe. L’envoi est traditionnellement adressé à un "prince" censé être le destinataire du poème et de la leçon qu’il porte. Je vais traduire ce texte de l’ancien français et expliciter ses références. (...) mardi 22 avril
Source : Le magazine de l’homme moderne Ingambes est un recueil de textes de Michel Valprémy,
illustré à sa demande par Sébastien Morlighem. (...)lundi 21 avril
Source : La Revue des Ressources Mon cher Henri, Finalement je me décide à t’écrire une dernière lettre, même si, comme toi, je ne crois pas plus aux âmes qu’à l’au-delà, mais simplement parce qu’à cause de l’éloignement entre l’Angleterre et la France, nos courriers s’attendaient, décalés étrangement dans ce monde du temps réel et de l’email (que tu pensais avoir prochainement enfin, comme fonction nouvelle d’un supermagnétophone à bandes !) et qui faisaient se réactiver soudainement notre conversation suspendue. (...) jeudi 17 avril
Source : La Revue des Ressources Des ailes... Non. Le vol plumeux n’a que faire aux sommets des cimes
Où jeux d’ouragans ne portent pas.
Ce n’est plus d’un frisson léger que se dompte ici cette rime.
Mais saccadant le roc sous mon pas,
A droit de vie à gré de mort, méprisant la plaine marine,
D’un pied dur j’aborde ta colline,
Bod, o Tö-bod, o THIBET ! lutrin du monde chantant,
J’ose en toi ce poème exaltant.
Qu’il n’aille point « comme l’oiseau qui se nourrit de riz et graines »
- Vautour tordant la broche du vers, Ou l’effort redressé des millions de temps d’haleine, Bec neuf dans la glace des hivers. Et laissant l’homme s’ébaudir au verbe sonnant par sa bouche, Noyé sous les flots de la langueur, Puissé-je, - moi - scander à coups de reins dans ta grandeur Cet hymne mouvant, ce don farouche, Tribut d’essor escaladant à Toi des pays le plus haut ! - Mon coeur, qu’il en batte chaque mot. (...) mercredi 16 avril
Source : Relevé sur le Net... A travers une écriture simple et claire, Ken Knabb donne dans ce recueil de précieux conseils aux révolutionnaires en herbes et permet aux "ancienNEs" de remettre en question certaines de leurs conceptions. Si cet ouvrage n’aborde pas les raisons de faire la révolution (si vous n’en ressentez pas la nécessité, il existe peu de chance qu’un quelconque texte vous y incite), vous pourrez y trouver de nombreuses pistes pour répondre aux questions d’ordre pratiques et théoriques auquelles se confronte tôt ou tard toute personne désireuse de transformer radicalement la société. (...)lundi 14 avril
Source : La Revue des Ressources J’ai eu, un de ces soirs derniers, une bonne fortune rare, assez rare pour que je sois tenté d’en fixer le souvenir... J’ai rencontré un homme d’esprit libre et juste, qui se garde, dans ses jugements sur les choses et sur les gens, de toutes exagérations, dans un sens ou dans l’autre, et qui n’a réellement qu’une passion dans la vie : le bien public... Il se nomme W. G.... et, bien qu’il ait plus de cinquante ans, ce qui veut dire qu’il a dû en rencontrer, dans la vie, des saletés de toute sorte, il reste ferme dans son amour et conserve intactes ses illusions d’une régénération, non seulement sociale, mais humaine ... Je me suis contenté d’inscrire ses initiales, ne voulant pas livrer le nom complet de ce phénomène à la malignité des hommes d’esprit... d’esprit tout court... car, en général, il n’y a pas de pires ignorants, de pires imbéciles, de pires réactionnaires, par conséquent de plus dangereuses bêtes que ce qu’on appelle les hommes d’esprit... Nous nous étions longuement entretenus des prix Nobel. (...) jeudi 3 avril
Source : La Revue des Ressources Le point B n’est pas loin du point A, cinq cents mètres les séparent. Pourtant, sortir de chez moi et arriver au magasin qui se trouve au point B est devenu un vrai risque ces jours-ci. Moi, j’ai pris toutes les précautions possibles. Je marche sur le trottoir... j’y serai moins exposé au danger de voitures étranges et toujours rapides, de voitures de police étourdies, de patrouilles téméraires des Américains. Je marche, seul sur le trottoir, pourtant, je suis si prudent. Je guette mes pas, et j’évite tout trou où une explosive peut être enfouie, je m’éloigne de toute boîte de carton vide et de toute boîte de métal abandonnée. Je m’éloigne des poubelles. Qui sait ce qu’on peut trouver dans toutes ces choses-là ! (...)lundi 24 mars
Source : La Revue des Ressources C’était un vieux homme, un peu voûté, très doux, très silencieux, très propre, et qui, jamais, n’avait pensé à rien. Sa vie était réglée mieux qu’une horloge, car il arrive que les horloges, quelquefois, s’arrêtent et se détraquent. Lui, jamais ne s’arrêtait, ni ne se détraquait. Jamais il n’avait connu la hâte d’une avance, l’émoi d’un retard, la fantaisie d’une sonnerie folle, dans son âme. Il s’appelait M. Isidore Bûche, était employé au ministère de l’Instruction publique. Chose curieuse et unique, il conservait, vieillard, la même place, les mêmes appointements, le même bureau, le même travail, que, jeune homme, lorsqu’il était entré dans la carrière administrative. (...) jeudi 20 mars
Source : Les Mardis littéraires, France Culture Eric Hazan. Ecrivain et éditeur, il dirige les éditions La Fabrique Jérôme Vidal. Traducteur et éditeur, co-responsable d’Editions Amsterdam et de La Revue internationale des livres et des idées Eric Vigne. Ecrivain et éditeur, il dirige la collection NRF essais chez Gallimard Alain Nicolas. Responsable des pages littéraires à L’Humanité lundi 10 mars
Source : Claude Guillon Sur son îlot, torche en main, éclairant le monde, face au large, la statue de la Liberté ne peut pas regarder l’Amérique. Ce pays jeune en profite pour lui jouer des tours pas drôles. Les enfants de Jonathan s’amusent. Tandis que la dame en bronze tournait le dos, ils ont bâti sur une île, la plus voisine, une belle maison de détention ! Ce n’est pas que ce soit de bon goût ; mais c’est massif, confortable : briques rouges et pierres de taille, des tourelles, et, sur la toiture centrale, deux énormes boules de bronze, posées comme des presses-paperasses, deux boulets plaisamment offerts pour les pieds de la Liberté. (...) vendredi 7 mars
Source : Bakchich Alors que doit s’ouvrir le Salon du livre à Paris le 14 mars, la mise à l’honneur d’Israël et « l’oubli » d’inviter les auteurs n’utilisant pas l’hébreu moderne - qui exclut les Arabes israéliens - suscite la polémique. Boycott, protestations écrites, des écrivains et des États s’en donnent à coeur joie. (...)vendredi 22 février
Source : Contre-feux À mesure que la publicité s’implante de manière massive sur l’Internet - ce marché devrait dépasser celui de la presse écrite en 2011 -, et que les grands groupes de médias exploitent cette « manne », nous devons peut-être nous attendre à une marginalisation progressive de sites qui font apparaître les livres, au profit d’autres, placés là pour vendre de l’espace publicitaire, à destination des grands groupes d’édition, pour ce qui concerne le livre. Ces derniers ont d’ailleurs investi de manière massive l’Internet, lors des deux dernières rentrées littéraires, ou encore au moment des fêtes de fin d’année, toujours selon le même modèle. (...)samedi 16 février
Source : La Revue des Ressources Je voudrais, pourtant, parler aujourd’hui d’un homme singulièrement doué, d’un personnage original et puissant qui mérite, à tous égards, l’attention des lettrés et des curieux d’âmes peu banales. Il s’appelle Knut Hamsun, et l’éditeur Albert Langen vient de nous révéler une œuvre extraordinaire de ce Norvégien : La Faim. Extraordinaire, vraiment, et qui ne ressemble à aucune œuvre connue. N’allez pas vous imaginer que ce titre cache un livre de révolte sociale, des prêches ardents, des anathèmes et des revendications. Nullement. La Faim est le roman d’un jeune homme qui a faim, voilà tout (...) mardi 12 février
Source : La Revue des Ressources L’emplacement était superbe pour bâtir une ville. Il n’y avait qu’à déblayer les bords du fleuve, en abattant une partie de la forêt, de l’immense forêt vierge enracinée là depuis la naissance du monde. Alors abritée tout autour par des collines boisées, la ville descendrait jusqu’aux quais d’un port magnifique, établi dans l’embouchure de la Rivière-Rouge, à quatre milles seulement de la mer. (...)vendredi 8 février
Source : Les aventures du Lapin Gris Il vaut mieux avoir beaucoup de phrases. Il faut commencer : comment il est tombé ? Je m’en souviens même plus. C’était quand ? Je crois que c’était hier. J’en suis pas sûr mais je crois que c’était hier. Pourquoi sur le canapé, sur le dossier du canapé ? Pour prendre de la hauteur... C’était au moment du repas, presque. Il y avait quoi ? Le cartonneux ? Non, à manger, il y avait quoi ?
vendredi 1er février
Source : Claude Guillon Les statuts de la confrairie de Monseigneur l’Abbé de St Lache De par Saoul-d’ouvrer, par la grace de trop dormir, Roi de négligence, Duc d’oisiveté, Comte d’enfance, Vicomte de méchanceté, Marquis de trop muser, Connétable de nulle entreprise, Amiral de fainéantise, Capitaine de laisse moi en paix, Garde et gouverneur de tous ceux et celles qui aiment besogne faite et entièrement achevée, Seigneur de rien faire, Ecuyer et Courier ordinaire de la Cour de monseigneur l’Abbé de St Lâche. (...) jeudi 31 janvier
Source : La Revue des Ressources DANS une petite ville de province, par une après-midi de décembre, deux jeunes filles venaient de s’habiller pour le bal. C’étaient deux amies de pension, - deux contrastes ou deux harmonies : l’une avec de grands yeux noirs comme la mort et farouches comme la peur, des dents bleuâtres, un teint de bistre et des cheveux bruns blondissant en atomes d’un or pâle à la pointe, - éternel adieu du soleil de son enfance resté écrit sur ces boucles légères où la vie (...)mercredi 30 janvier
![]() Source : Relevé sur le Net... Voici le lieu pour penser à nos vagins, pour apprendre grâce à ceux des autres femmes, pour écouter des histoires et des points de vue, pour répondre à des questions et pour nous en poser. Voici le lieu pour s’affranchir des mythes, de la honte et de la peur. Voici le lieu pour s’entraîner à dire le mot, parce que, comme chacun sait, c’est le mot qui fait avancer et c’est le mot qui rend libre. "VAGIN". (...)samedi 26 janvier
Source : Claude Guillon Mais, objecter-t-on peut-être ici, des assemblées primaires peuvent-elles prononcer sur une loi ? En partie composée de gens éclairés, d’un plus grand nombre qui ne le sont pas, comment cette collection bigarré pourra-t-elle émettre son vœu sur un aussi grave objet ? Des sujets bien choisis ne conviendraient-ils pas beaucoup mieux ? Gardons-nous de croire une telle chose ; s’il faut des hommes choisis pour proposer des lois, n’imaginez jamais qu’il en faille de tels pour les sanctionner. C’est le seul vœu du Peuple qui doit approuver ou non les lois faites pour le captiver ; il faut donc qu’il s’y trouve en masse, sans élection : l’élection, toujours le résultat du choix, placerait alors pour adopter ou pour rejeter la loi, celui qui malheureusement a le plus souvent l’art de l’éluder, ou le moyen de s’y soustraire, et c’est précisément là l’écueil qu’il faut éviter avec e plus de soin. (...) vendredi 25 janvier
![]() Source : Lettres ouvertes Max Gallo, entre Jean-Marie Bigard et le « curé des loubards », au Vatican ! Non, il ne s’agit pas d’une séquence du prochain nanar (après Le Miraculé) de l’improbable Jean-Pierre Mocky. Nous sommes dans la très lointaine « réplique », au sens sismique, de l’appel lancé par l’historien en 1981. Sa dénonciation du « silence des intellectuels » fit un bide : peu désireux de se rallier à Mitterrand, les Deleuze, Derrida ou Bourdieu prirent le maquis. Et qu’en est-il aujourd’hui ? La mort nous a débarrassé de ces pisse-froid freudo-marxistes. Les survivants, guère illustres, seraient-ils moins délicats ? L’un d’eux, en tout cas, semble avoir gagné à la Roue de la Fortune des intellos. (...) mardi 22 janvier
![]() Source : Libération Désormais employé par Agone, Jean-Marc Rouillan débarque chaque matin des Baumettes au boulot, se demande parfois ce qu’il fait là. Puis il retourne en prison le soir et les week-ends. La liberté ? « C’est une épreuve », glisse-t-il. « On est blindés, mais on ne retombe pas tout de suite sur ses pieds. Le temps extérieur, pourtant douze heures par jour, est réduit à un souffle. » A la fin de la première semaine, il a, presque avec soulagement, retrouvé « le temps de la cellule, la tranquillité ». Son monde, encore. « A l’extérieur, je n’ai pas de repères trop construits. Le temps me file entre les doigts. A l’intérieur, je retrouve ma vieille vie de taulard. » (...)vendredi 18 janvier
La sociologie à l’école du roman français contemporain
par Anne Barrère et Danilo Martuccelli (SociologieS)
Source : SociologieS L’article revient sur les relations entre le roman et la sociologie. Une fois rappelée la proximité initiale des deux projets de connaissance, il interroge les raisons de leurs divergences actuelles, avant de proposer, en s’appuyant sur les œuvres de certains romanciers français contemporains, un renouvellement de l’échange. C’est en tant que source possible de l’imagination sociologique que la connaissance romanesque est abordée, dans trois grandes directions analytiques : l’exploration des figures du post-personnage social, la description des situations par le biais du dispositif des ambiances, la mise en évidence de mécanismes d’enchaînements, plus contingents, d’actions. (...)jeudi 17 janvier
Source : Astrolabe L’entre-deux-guerres voit le grand reportage devenir la forme d’excellence du journalisme. Pratiqué par tous les « flâneurs salariés », selon l’expression de l’un d’entre eux, Henri Béraud, il participe au succès de la presse quotidienne, première puissance médiatique malgré les critiques de plus en plus vives à son encontre après la Grande Guerre l’accusant de « bourrage de crâne ». Légitimé par le succès populaire et la place qui lui est faite dans les journaux, le grand reportage n’abandonne cependant pas ses prétentions littéraires. Sa publication en volumes, qui rencontre un vif succès dans les années 1920 et 1930, s’inscrit dans la volonté des reporters français de se démarquer du journalisme à l’anglo-saxonne pour atteindre une qualité littéraire supérieure : les reporters américains « n’ont aucun sens artistique. (...)mercredi 16 janvier
Source : La Revue des Ressources On nous l’avait cependant annoncé bien longtemps à l’avance ; on nous avait fait suivre sur la carte sa marche rapide et menaçante. Le fléau voyageur n’était plus séparé de nous que par cette mer étroite qui nous ramène et nous remporte, avec la mobilité de ses flots, nos rois rétablis ou déchus. Et pourtant, ce voisinage nous inquiétait moins que ne l’avaient d’abord fait les récits venus des pays lointains, doublement terribles par la distance et par la nouveauté. Tout notre effroi s’était usé sur les premières descriptions de ses ravages, sur les premiers dénombrements de ses victimes. Car le Parisien ne peut pas avoir peur longtemps du mal qu’il ne voit pas, lui qui s’habitue si facilement à ses misères. (...)mardi 15 janvier
Source : Relevé sur le Net... Écrite en 1920, Nous Autres est la première "contre-utopie" d’importance avant Le meilleur des mondes d’Huxley (1931) et 1984 d’Orwell (1948)... Zamiatine allie une critique féroce du totalitarisme mathématique, rationnaliste et machiniste à une écriture particulièrement poétique et sensible... dimanche 13 janvier
Pouvoirs des formules magiques / formules magiques des pouvoirs
par Sandrine England & Gilles D’Elia (Relectures)
Source : Relectures Et pourquoi non ? Pourquoi se satisfaire de cette formule magique qui prévient toutes les audaces et toutes les révoltes, qui vaccine contre toute situation d’exception ? Pourquoi, alors que l’amitié, l’amour ou la création, une vie riche de sens en somme, ont besoin de ces miracles qu’une formule comme « j’allais tout de même pas... » a pour but de proscrire ? Abracadabra : fini les miracles ! La différence avec Bartleby est fondamentale : « Je ne préférerais pas », c’était son talisman personnel, son arme de résistance bien à lui. Tout au contraire, la formule « j’allais tout de même pas... » se répand comme un virus qui incube le discours, la pensée et le désir pour finalement les contaminer par sa seule force d’inertie. (...)samedi 12 janvier
![]() Source : Feuilles de route Au premier matin de Sanaa, ce qui frappe, c’est la pureté de la lumière. Ce qui n’apparaissait dans la nuit de l’arrivée qu’une gangue de courbe terreuse est maintenant comme lavé, purifié, enrichi. Tout en haut du fundunk où le hasard a voulu que nous soyons logés, nous jouissons d’une vue imprenable sur la ville. Et ce premier matin, elle se dévoile sous nos yeux : beautés des ocres, splendeurs des fenêtres blanches, l’ensemble groupé serrées sur des volumes étroits, cubes agglomérés des maisons étroites à parfois sept ou huit étages de pierres sèches. A l’intérieur des maisons, tout témoigne aussi de la volonté grégaire de se rassembler. Dans notre chambre, pas moins d’une bonne dizaine de coussins sur le pourtour. (...)Source : Lettres ouvertes Madame, Je vous ai vue et entendue l’autre soir au Grand journal de Canal+. Vous évoquiez vos rencontres avec des orphelins, des femmes battues et autres victimes de par le monde. A un moment, vous avez glissé une citation de « quelqu’un » en la modifiant quelque peu. Ce « quelqu’un », je me suis senti obligé de vous l’apprendre, n’était pas n’importe qui : il s’agit d’Henri Calet. Vous avez dit : « Ne me secouez pas. Je suis rempli de larmes. » Au lieu de : « Je suis plein de larmes. » C’est la phrase (...)mardi 8 janvier
![]() Source : Divergences Au cours des dernières semaines, j’ai de nouveau raconté ma version du mouvement de 1968. Mettant à dure contribution ma mémoire, fouillant dans mes souvenirs, j’ai essayé d’interpréter et osé quelques définitions. J’ai parlé sur un marché, à un stand de livres sur la grand-place de Tlalpan ou dans une école. À chaque fois, le lieu est bondé, il y a des gens assis par terre, agglutinés debout aux derniers rangs. Les gens ont les yeux qui brillent. Non pas à cause de mes dons d’orateur, mais parce que j’invoque un fantôme. Je suis toujours étonné de l’intérêt que le sujet suscite, de la persistance de la mémoire, de l’attrait du proche passé. (...) ![]() Source : Ici-bas J’aimerais ne pas savoir de quoi ils parlent quand ils parlent de droite décomplexée. J’aimerais vraiment ne rien comprendre à ce qu’ils disent quand ils parlent de non-repentance, de rupture, d’immigration choisie et d’identité nationale. La vérité, c’est que je le sais trop bien. Ils parlent d’une DROITE PSYCHOTIQUE : les 120 jours de Sodome interprétés par des flics qui se roulent des pelles et des top models qui jouent de la guitare en faisant l’amour sur des cadavres. C’est une image de la droite qu’ils projettent dans nos cerveaux fatigués de jeunes gens horriblement vieux. (...)mercredi 2 janvier
Source : Causeur Dans une telle situation, où les fumeurs sont en passe d’accéder au statut de minorité à part entière, il devient urgent de faire valoir leurs droits, d’exiger l’extension de ceux-ci et de réclamer un certain nombre de lois qui les protégeront. La reconnaissance du fumage, et le respect qui lui est dû comme il l’est à toute activité minoritaire, est une première priorité. La seconde consiste à tout mettre en œuvre pour obtenir au plus vite une loi extrêmement répressive contre les actes et les propos fumophobes. C’est dans cette double perspective que vient de se constituer La Volute finale, mouvement citoyen qui (...) lundi 31 décembre 2007
Source : Relevé sur le Net... Nous sommes les derniers prophètes. Dans notre clientèle, on trouve des gens brisés, des cadres intermédiaires méprisés d’un bout de l’année à l’autre, des maris cocus, des mômes timides et mal dans leur peau, des quinquagénaires aigris, des homosexuels contrariés, des piliers de bistrot, des blasés, des hystériques et des mystiques. Ils viennent tous avec le même désir qui papillote au fond des yeux. Nous sommes les derniers prophètes. Dans notre clientèle, on trouve des gens brisés, des cadres intermédiaires méprisés d’un bout de l’année à l’autre, des maris cocus, des mômes timides et mal dans leur peau, des quinquagénaires (...)dimanche 30 décembre 2007
Source : Publie.net La foule, la ville, la vitesse, l’anonymat, l’accident, l’art et la pensée, la simultanéité, le réalisme, Le peintre de la vie moderne, essai sur Constantin Guy, est un texte visionnaire de Baudelaire. Quel plaisir quand une université ou une école d’art nous fait confiance pour une conférence : on remonte toutes les catégories qu’a, avant nous, exploré Walter Benjamin...mercredi 26 décembre 2007
Source : Relevé sur le Net... La notice bio-bibliographique de Julien Gracq ; Julien Gracq, par lui-même (...) vendredi 21 décembre 2007
Source : La Revue des Ressources Laissons le vin aux indigents. Son ivresse grossière trouble l’organisme, sans payer par de grands plaisirs le dégât qu’il fait dans le logis. Cependant, pris modérément, cette imagination liquide a des effets qui ne manquent pas de charme ; car il ne faut pas plus calomnier le vin que médire de son prochain. Pour mon compte, je lui dois de la reconnaissance. Une fois dans ma vie, j’ai connu les joies de cette divinité vulgaire. (...)mardi 18 décembre 2007
« La belle et le kamikaze » ou les stéréotypes des maisons d’édition françaises
par Brahim Hadj Slimane (Les Indigènes de la République)
![]() Source : Les Indigènes de la République La sociologue Christine Detrez explique dans un entretien au Jeune Indépendant comment la stratégie des éditeurs français consistait à faire écrire à l’auteur un roman sur une kamikaze pour pouvoir ensuite publier ce qu’il voudrait. « C’est comme une sorte de cheval de Troie. La fascination d’être publiées en France les pousse à être prêtes à tout pour y arriver... »vendredi 14 décembre 2007
Source : BlogJob Iain Levison est l’auteur de "Tribulations d’un précaire", récit de dix ans de galères entre une quarantantaine de job bien pourris et l’envie d’écrire. C’est ce bouquin qui a inspiré la création de BlogJob. Retour avec l’intéressé sur une carrière américaine...mercredi 12 décembre 2007
![]() Source : Le Tigre le vif du sujet : crotte et littérature. Étant entendu une fois pour toutes que les livres pour enfants ont vocation non pas, comme on pourrait le croire naïvement, à offrir à leurs lecteurs une petite part d’imaginaire, mais bel et bien à se substituer à l’éducation et donc à délivrer messages édifiants, leçons de morale et conseils pratiques, il n’en reste pas moins une question centrale : pourquoi une telle fascination pour les fluides corporels ? (...)vendredi 7 décembre 2007
![]() Source : La Revue des Ressources Depuis des temps immémoriaux, les farouches bergers Aït Atta transhument au travers de paysages sévères pour échapper avec leur cheptel aux rigueurs de l’hiver dans le Haut-Atlas ou aux insupportables chaleurs de l’été dans le Djebel Saghro. Sous le déluge brûlant d’une aveuglante lumière blanche, les paysages lunaires et tourmentés de ce massif volcanique deviennent alors un territoire muet où d’aucuns prétendent que seuls les scorpions et les serpents auraient droit de cité car seuls ils seraient à même d’y survivre. (...) Quand de « petits » éditeurs échappent à l’emprise des conglomérats
par André Schiffrin (Le Monde diplomatique)
Source : Le Monde diplomatique En France comme à l’étranger, la connivence des pouvoirs politiques avec de puissants patrons de presse attire régulièrement l’attention sur le contrôle des médias. Quelques groupes industriels possèdent la plupart des maisons d’édition et contrôlent une grande partie du contenu et de la distribution des journaux, des magazines et des livres. Garantes de la démocratie, de petites structures indépendantes parviennent néanmoins à faire entendre leur voix.
Par André Schiffrin Avant même l’attaque contre l’Afghanistan, la (...) mercredi 5 décembre 2007
Source : La Revue des Ressources La Carotticulture, peuples, rois LA CAROTTICULTURE Peuples et rois, je suis la Carotticulture, Fille de la Nature et du Siècle en pâture ; Mes parents m’ayant faite avec un chaste goût En plantant savamment des carottes partout, Même en suçant le lait de ma mère chérie, J’ai toujours adoré la carotte bénie (...) lundi 3 décembre 2007
Source : Le Tigre Le principe de cette étude est le suivant : il s’agit de compter (de manière approximative) le nombre de signes (caractères, espaces, et signes de ponctuation) de divers livres et journaux, et de ramener ce nombre au prix de vente. On arrive ainsi à un prix relatif (pour 10.000 signes), équivalent, dans le domaine de la lecture, des prix au kilo qui, depuis longtemps, permettent de remettre largement en question les hiérarchies réelles des produits alimentaires. Ainsi le jambon sous vide peut se révéler plus cher que du jambon à la coupe, pourtant plus frais, et ainsi de suite. C’est donc une étude du panier de la ménagère dans la stricte tradition des études comparatives à la Que Choisir, ramené au monde de l’édition. (...)vendredi 23 novembre 2007
![]() Source : SILO Le poème visuel
Plus que toute autre forme, le poème visuel (éléments visuels +éléments verbaux) accentue le mode lyrique de la poésie, même si, à première vue, nombre de ces « poèmes » peuvent paraître incisifs, anti-lyriques, minimalistes. En tant qu’oeuvres lyriques, les poèmes visuels visent dans deux directions : vers le monde intérieur de l’irrationnel et du fantastique, et vers le monde extérieur, lumineux, celui du sens et de la marchandise. (...)vendredi 16 novembre 2007
![]() Source : Le Tigre « Le voyage commence à la porte de chez soi. » (Nicolas Bouvier) Projet de guide de voyage pour des touristes soucieux de trouver des lieux de villégiature d’un nouveau genre. Faites comme notre reporter de choc, testez un week-end dans le métro. Budget des vacances : cinq euros de tickets, quinze euros de boissons, cent euros de podologue à la sortie... mercredi 14 novembre 2007
Source : Claude Guillon L’interdiction aux mineur(e)s de l’exposition « Éros caché » est une niaiserie ; mais c’est aussi et surtout un mauvais signe pour la liberté de d’esprit. Qu’il soit donné à la société par la Bibliothèque nationale est un détail navrant. Amateur d’érotisme comme lecteur et comme auteur et familier des livres de l’Enfer, je ne me ferai pas le chaland de pareille « exposition ». J’incite vivement chacune et chacun à satisfaire ailleurs et autrement sa légitime curiosité de l’art d’aimer et de ses représentations artistiques. (...) lundi 5 novembre 2007
Source : La république des livres d’après une étude récente communiquée par Pierre Maubé, un très petit nombre de nos bibliothèques publiques prennent la peine de s’abonner à une ou plusieurs de ces revues, qu’il s’agisse des bibliothèques universitaires ou des municipales ou des départementales (...)samedi 3 novembre 2007
Source : Libération Le scénariste écrivain Marc Behm est mort le 12 juillet 2007 à Fort-Mahon-Plage, dans la Somme, où cet ancien GI avait une maison de campagne. Attaque cérébrale à 82 ans, rien d’extraordinaire, et comme il ne publiait quasiment plus depuis dix ans, cela explique sans doute pourquoi la nouvelle se propage si tard. Même son éditeur François Guérif (Rivages) a été cueilli à froid, au détour d’une conversation avec le petit-fils de Behm, lui aussi écrivain : « J’ai demandé des nouvelles de Marc, il m’a répondu “Feu Marc Behm...”, je suis resté sans voix. » (...)vendredi 2 novembre 2007
Source : CipM À l’heure où cette présentation va avoir lieu, et après les incertitudes qui ont pesé ou qui pèsent encore sur le comptoir Toussaint / Victorine et sur le théâtre de la Minoterie, des incertitudes pèsent aussi depuis quelque temps sur le cipM (centre international de poésie Marseille).
La convention d’occupation triennale entre le cipM créé en 1990 à la demande de la Ville de Marseille et cette dernière arrive légalement à terme le 6 mai 2008. La DGAC (Direction Générale des Affaires Culturelles) ne souhaite pas (...) mercredi 31 octobre 2007
Source : Collectif RTO A Wigan, la lutte entre chômeurs pour la récupération du charbon est devenue si féroce qu’elle a pris la forme d’une extraordinaire coutume, baptisée « la grimpette au charbon ». Le spectacle est vraiment étonnant, je m’étonne d’ailleurs que personne n’ait encore pensé à le filmer. Un mineur en chômage m’a conduit un après-midi sur les lieux. Le décor d’abord : une chaîne de montagnes d’anciens terrils (...)mardi 23 octobre 2007
Traité de la Réforme de l’entendement et de la meilleure voie à suivre pour parvenir à la connaissance vraie des choses
par Spinoza (La Revue des Ressources)
Source : La Revue des Ressources Ce « Traité de la Réforme de l’Entendement » que nous te donnons ici, lecteur bienveillant, dans son état d’inachèvement, a été composé il y a bien des années, par l’auteur. Il eut toujours dans l’esprit de le terminer ; d’autres soins l’en ont empêché, et la mort finit par l’enlever avant qu’il eût pu, comme il l’eût désiré, mener son oeuvre jusqu’au bout. Comme elle contient toutefois un grand nombre de choses remarquables et utiles, qui seront, nous n’en saurions douter, d’un grand prix pour le poursuivant sincère de (...)mercredi 17 octobre 2007
Source : La Revue des Ressources La littérature birmane au début du XXIème siècle semble presque anéantie du fait que le pays, la Birmanie devenue Myanmar depuis 1989, est tombé dans les mains d’une Junte militaire. Effectivement, « anéantie » est le mot qu’un célèbre auteur birman en exil a employé pour décrire sa situation d’écrivain en Birmanie. Le monde entier a pu voir lors des dernières répressions survenues notamment envers les moines bouddhistes birmans Theravada [1] manifestant calmement et d’une manière non-violente, que la Junte militaire contrôle consciencieusement tous les domaines de la vie.
La richesse littéraire que la Birmanie possédait depuis presque mille ans est en voie de disparition aujourd’hui. Le début des royaumes birmans fut une époque où la forme littéraire classique en vers apparut essentiellement dans les cours royales. Or, seuls les gens des cours et les élites avaient accès à la littérature. (...)mardi 16 octobre 2007
Source : Raphaël Cohen Dans les inoffensives feuilles de chou françaises, sans grande audace ni ambition, un net encouragement significatif à tous, devant un Gengis Khan qui pointe, un Tamerlan tout près à commencer sa sinistre collection de pyramides de crânes, le petit Sarkozy, de plus en plus démesuré. Un des journaux déclare que "son langage public est celui du show biz", marquant bien son mépris justifié : lui ne fait jamais cela, et la belle langue du périodique, comme celle de Victor Hugo, utilise 75 % des mots de la langue (...) samedi 13 octobre 2007
Source : Relevé sur le Net... Le Monde comme poème, mot d’ordre du futurien Vélimir Khlebnikov. L’artiste affirme une force constructive : plutôt que de chercher à reproduire la réalité, il en crée désormais une nouvelle. Pour Khlebnikov, lecteur de Walt Whitman, le poète se fait prophète d’un monde qui n’existe pas, il est à même de préfigurer l’avenir et de percevoir au-delà du réel, dans une langue qu’il invente, les mouvements invisibles qui déterminent le cours du Temps. Le poème devient manifeste d’un nouveau langage qui unirait les poètes entre eux dans un cosmos idéalisé. (...)vendredi 12 octobre 2007
Source : Elcorreo.eu.org Quand l’ordre d’éliminer le Che m’est arrivé, par décision du haut commandement militaire bolivien, la peur s’est installée dans mon corps, me désarmant de l’intérieur. J’ai commencé à trembler de la tête aux pieds et j’ai senti l’envie de pisser dans mon pantalon. Par moment, la peur était si grande que je pouvais seulement penser à ma famille, à Dieu et à la Vierge. (...)Source : Le Monde diplomatique Aujourd’hui, à 84 ans, Doris Lessing ne mâche pas ses mots pour dire ses déceptions sur le féminisme, mais également sur les dirigeants du Zimbabwe, pays pour l’indépendance duquel elle s’est tant battue. Elle dresse ici un portrait féroce du très controversé président Robert Mugabe. Un autocrate qui a fait emprisonner son principal opposant, M. Morgan Tsvangirai, avant d’être contraint de le libérer. Mais sa politique est aussi marquée par les pressions économiques et politiques des puissances internationales. (...)dimanche 7 octobre 2007
Source : Le Monde diplomatique Ceux qui administrent les chocs - qu’il s’agisse de tortionnaires, d’économistes ou d’épouvantails - ont appris, après un demi-siècle d’expérimentations, que la façon la plus efficace de détruire le sens de l’identité des gens consiste à démanteler et à fragmenter systématiquement l’histoire de leur vie qu’ils s’étaient racontée jusque-là, soit à effacer le passé. (...)lundi 1er octobre 2007
![]() Source : Questions de santé Vous êtes fortement opposé à ce qui est souvent appelé le « travail du deuil ». Pourquoi ? Depuis quelques décennies, il se développe une vulgate psychologique qui se traduit par la fréquence avec laquelle on rencontre l’expression « faire son deuil », sorte d’obligation sociale d’effacer la souffrance liée à la perte d’un être aimé. (...) Source : La Revue des Ressources Nous avons tous une dette envers Walter Benjamin. Nous avons tous une dette envers l’écrivain unique en qui les frontières de tous les genres d’écriture se sont effondrées, et les formes autorisées de l’expression - essai, conte, récit, aphorisme, thèse, article, traité - rétrécies, réduites à l’état de normes, non appliquées, mais étudiées. Tout essai de Benjamin dépose son genre. En désappliquant et en désoeuvrant la loi dont il est l’expression, il la transforme en vie. Et, bien sûr, nous avons tous une dette envers le penseur inclus dans cet écrivain unique comme un fruit masqué dans son noyau ou un gâteau suspendu sur sa cerise. (...)mercredi 15 août 2007
Source : Vu de prison Braquages, braquages... Qui est le plus voleur des deux, celui qui braque la banque ou celui qui la crée ? ... Ce matin-là, après un réveil douloureux et un rapide petit-déjeuner, je me retrouvai dans la voiture, la tête en vrac plongée dans les cartes. Nous étions en repérage. On passa la matinée à tourner dans la région. On finit par se fixer sur une petite agence bancaire. On la braquerait le lendemain matin. On retourna à l’appartement mais, tout en faisant l’itinéraire de fuite, je me décidai à parler à Pascal de l’étrange sensation de surveillance que je sentais peser sur nous, comme si nous étions suivis ou observés. Mon sixième sens était inexplicablement en alerte. (...) samedi 21 juillet 2007
Vive la culture, la pensée et l’action des masses populaires, programme musical
par Guy Mercier (Le magazine de l’homme moderne)
Source : Le magazine de l’homme moderne Madame, Nous ne travaillerons plus jamais. Sachez que vos ordres ne valent rien, sachez que votre culture ne vaut rien. Vous êtes seule et nous vous laissons le pouvoir. Vous agirez en votre nom et vous pourrez vous obéir à vous même. Vous pourrez vous regarder à la télévision et, comme vous lui avez enjoint, elle vous dira que vous êtes la plus belle. (...) jeudi 19 juillet 2007
Source : Le blog|journal 1 ce texte intéressera 5 personnes, mais tant pis 2 il concerne - mais pas seulement - la vente en ligne, laquelle représente seulement 4% du marché de l’édition, susceptible d’au plus doubler dans les 5 prochaines années (4% en France, 9% en Allemagne, 13% aux USA) parce que désormais indissociable de la relation sites Internet et librairie 3 la littérature contemporaine de création est de fait liée, pour exister, à un réseau fort de libraires indépendants (que structurait autrefois le défunt réseau L’œil de la lettre) (...) dimanche 15 juillet 2007
Source : Le Monde D’évidence, dans les semaines, les mois qui viennent, chacun va devoir s’accrocher à ses certitudes. Quoique l’air du temps ne leur soit pas favorable, les miennes n’ont guère varié depuis ce jour de mai 1958 où, pensant la France sous la menace d’un pronunciamiento, je me ralliai à l’Union des étudiants communistes. Avec le recul, il est facile de se gausser de la fausseté du pressentiment et même du choix d’une organisation si peu en accord avec un tempérament libertaire. Ça n’a pourtant pas fait de moi un stalinien, ni par la suite un Bernard Kouchner puisque, à près de 67 ans, je continue de parier sur l’inévitabilité d’une révolution. (...)vendredi 13 juillet 2007
Source : La Revue des Ressources Je me souviens clairement de l’espèce d’émoi d’imagination où me jeta le premier livre de Stevenson que je lus. C’était Treasure Island. Je l’avais emporté pour un long voyage vers le midi. Ma lecture commença sous la lumière tremblotante d’une lampe de chemin de fer. Les vitres du wagon se teignaient du rouge de l’aurore méridionale quand je m’éveillais du rêve de mon livre, comme Jim Hawkins, au glapissement du perroquet : "Pieces of eight ! pieces of eight !" (...)jeudi 28 juin 2007
Source : L’En Dehors On n’a point oublié cette récente et lamentable affaire : à l’autopsie, on trouva la boîte crânienne d’un sergent de ville vide de toute cervelle, mais farcie de vieux journaux. L’opinion publique s’émut et s’étonna de ce qu’elle jugea une macabre mystification. Nous aussi, nous sommes douloureusement émus, mais en aucune façon étonné. (...)jeudi 21 juin 2007
Source : Bakchich En d’autres temps, l’Académie française réservait par faveur spéciale l’un de ses fauteuils à quelques militaires de haut rang, sortis vainqueurs de batailles honorables pour le pays. Foch, Pétain, Juin siégèrent ainsi parmi d’autres sous la Coupole avec des écrivains célèbres, sans avoir eux-mêmes jamais beaucoup travaillé du porte-plume. Aucun concurrent sérieux ne gâchait le cérémonial. Aussi, l’usage qualifiait-il d’« élection de Maréchal » ce protocole sans surprises. (...)dimanche 10 juin 2007
![]() Source : Périphéries Une plongée dans la vie quotidienne en Syrie après la première guerre du Golfe, plus riche en enseignements sur le monde arabe que tous les traités de géopolitique (Les Portes de Damas) ; un portrait du chanteur malien Boubacar Traoré, qui est en même temps un périple à travers le Sénégal, la Mauritanie et le Mali (Mali Blues - Je chanterai pour toi) ; une exploration du Zaïre de Mobutu, sur les traces de son oncle, qui fut missionnaire au Congo belge (Mon Oncle du Congo) ; puis le retour, des années plus (...)mercredi 6 juin 2007
Source : Archives documentaires c’était une de ces journées chaudes et fatigantes à Hollywood
Park
avec une foule énorme, une
foule
fatigante, malpolie, idiote.jeudi 31 mai 2007
Source : La Revue des Ressources Au loin, les ailes pâles des barques napolitaines s’éployèrent sur la moire du golfe tranquille. Des souffles de caresse passèrent dans l’air tiède. Les choses frissonnèrent. Alors l’illusion d’attendre, de se fixer, et d’être heureux, se réveilla dans le coeur du vagabond.
Il s’isola, avec celle qu’il aimait, dans la petite maison laiteuse où les heures coulaient, insensibles, délicieusement alanguies, derrière le moucharabié de bois sculpté, derrière les rideaux aux teintes fanées. En face, c’était le grand décor d’Alger (...) mercredi 30 mai 2007
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