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jeudi 8 mai
Source : Ashram de Swâmi Petaramesh

Ça se passe en Sarkozye, au siège de verre et de métal de cette grosse entreprise privée pétée de thunes, là, juste en bas de chez vous...

Dans cette grossboîte, donc, depuis quelques mois, l’ambiance est plus que morose. Parce qu’après avoir annoncé en fin d’année des bénéfices exceptionnellement monstrueusement record, et distribué à tous la lettre de félicitations du président qui va bien, la semaine suivante venait l’annonce du énième plan social[1] nécessité par le louable objectif de faire encore plus de bénéfices pour que les actionnaires soient encore plus contents l’année prochaine. Allez hop ! Suppression de 20% des effectifs avec bien évidemment redistribution de leur boulot sur le dos de ceux qui resteront, lesquels ont déjà pour beaucoup une charge de travail entre 120 et 150% de leurs capacités (...)

 
mercredi 7 mai
Source : Le Monolecte

la bonne idéologie nauséabonde qui consiste à nous dépouiller de tout continue à faire son petit bonhomme de chemin dans l’esprit même de ceux qui en sont victimes : nous allons crever la bouche ouverte, mais ce sera de manière sacrificielle, pour l’avènement futur d’un monde meilleur. Nos petits corps meurtris serviront de marchepied aux générations futures... enfin, surtout celles qui bénéficieront du bouclier fiscal, en fait, mais cela n’est pas dit dans la chanson...

Plus nous accepterons, plus nous supporterons, plus ils nous enfonceront la gueule dans la merde avant de se repaître de nos dépouilles et de celles de nos enfants.

C’est bien cela que tu veux ?

C’est pour cela que tu as voté ?

C’est pour cela que tu te lèves chaque matin ? (...)

Source : Vive le feu !

Certaines fois, le mercredi, je succombe à une pénible (com)pulsion, qui me fait acheter "Paris Match".

Ca m’est arrivé ce matin, et c’est comme ça que je suis tombé, choc des mots, sur deux pages si indécentes, qu’elles me font penser qu’il manque décidément à la presse une signalétique du genre : "Eloignez vos enfants, ça traumatise velu".

Il s’agit des pages 58 et 59, où une certaine Elisabeth Chavelet passe.

Puis repasse.

Puis repasse encore, et encore.

Au verso de "Carla Sarkozy". (...)

 
mercredi 30 avril
Source : Vu de prison
C’est moi qui ai ouvert la porte de la chambre, la surprise était telle que la mère, marqua un instant de stupeur avant de verser quelques larmes. Elle me tendit ma fille qu’elle tenait dans ses bras. Quelle sensation extraordinaire que de la blottir tout contre moi pour la première fois, c’est à cet instant je crois que je suis devenu papa pour toujours, car une immense vague de chaleur m’a envahi quand son petit cœur pénétra le mien pour se souder à lui et battre au même rythme à tout jamais. Personne n’est entré dans la chambre, on nous a laissé seul respectant ces instants d’intimités. Je n’ai eut droit qu’à seulement 45 minutes de bonheur, mais un énorme verrou venait de sauter, car la juge, malgré l’absence d’escorte et mon statut de DPS, a quand même autorisée cette sortie, ce qui est de très bonne augure pour mon futur aménagement de peine. (...)
 
mardi 29 avril
Source : La France de Toutenbas
Non je n’ai pas assisté au récital du président, mais je me suis rencardé, j’ai lu les commentaires de la presse, pas mourir idiot ! Si j’ai bien tout compris, il aurait reconnu avoir un tout petit peu loosé, sur la question du pouvoir d’achat notamment, mais c’est pas de sa faute, c’est à cause de la conjoncture internationale, les subprimes, tout ça... Il a hardiment vilipendé ce « capitalisme financier qui marche sur la tête » et entend même le moraliser. C’est courageux mais ça va pas être fastoche, sa ratification du traité de Lisbonne, au plus parfait mépris du résultat du référendum, entérine la libre circulation des capitaux. Je pensais que, fidèle à son esprit d’ouverture, il allait charger de mission Denis Robert, qui en connaît un bout sur le sujet, pour l’épauler dans cette tâche ardue, mais non, il a choisi une voie bien plus audacieuse, ne rien changer, accélérer les réformes. (...)
 
samedi 26 avril
Source : Résurgences
Quand le bientôt Directeur général délégué du Nouvel Observateur et ex-P.-D.G. de la Fnac énonce comme une évidence que « l’indépendance, c’est d’être viable économiquement », il scelle dans nos esprits le socle d’une dépendance bien plus redoutable encore, mais à laquelle tout ce qui compte dans ce cher vieux pays viendra rendre un hommage fervent ou résigné, sans se douter qu’il se prosterne devant une sottise. Si être indépendant, c’est dépendre de l’argent, autant supprimer le mot du dictionnaire. (...)
 
vendredi 25 avril
Source : Le blog de Hady Ba
Notre président a donc convoqué en grande pompe les gouverneurs et préfets des régions et départements du pays. Une fois que ces derniers sont venus, vêtus de leur tenue d’apparat, notre président leur a dit que pour faire éclater la vérité à la face du monde, le Sénégal n’allait pas se contenter de réaffirmer l’absence totale de famine dans notre beau pays, non, le Sénégal fera mieux. Le Sénégal va carrément engager un combat sans merci afin d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Calomniateurs de tous pays, le Sénégal vous fera honte et prouvera votre forfaiture ! Bien évidemment, cette importante réunion-de-non-famine a été filmée et abondamment retransmise à la télé. (...)
Source : Le blog de Jean-Pierre Martin

Mais dans cette recherche de plus d’efficacité, nous suggérons à notre gouvernement d’aller encore plus loin, et de dégraisser un mammouth jusqu’ici intouchable, une administration pléthorique à l’efficacité plus que douteuse : la Police Nationale.

Alors que depuis 6 ans, les effectifs de police ne cessent de s’accroître, les chiffres des violences aux personnes ne cessent de grimper. Nous arrivons au chiffre record de 1 policier pour 226 habitants. Soit plus que les Etats-Unis. Une véritable gabegie. Bref c’est d’une véritable cure de minceur dont a besoin la Police française, alors même que son incurie a été mise à jour dans deux affaires récentes. (...)

 
jeudi 24 avril
Source : Palindromes
Pour contrer la sauvagerie des mouvements sociaux, et civiliser le prolétaire, rien ne vaut les syndicats.
-  Les syndicats ?
-  Ils ne demandent que ça ! Leur rêve, tu penses bien, n’est pas de tenir des piquets de grève en crevant de faim sous les intempéries, mais de s’assoir dûment mandatés aux tables patronales pour de subtiles négociations sans cesse renouvelées. Ils y voient leur raison d’être et leur vraie vocation.
-  Comme on les comprend !
-  C’est pourquoi je veux des syndicats forts, suffisemment forts pour expliquer aux salariés que tout n’est pas possible tout de suite. (...)
Source : El Ryu

Quand j’ai lu le déjà fameux post du sénateur socialiste à propos du Tibet j’ai tout de suite pensé" putain cette fois il va vraiment se faire incendier le con !"

Et ça na pas raté, y compris dans la blogosphère, même chez ceux qui se vante d’habitude d’aller à contre courant de la pensé unique.

T’as vu comme moi la pauvre pitit sportive chinoise sur sa chaise roulante se crisper sur la fameuse flamme pour pas qu’on lui la pique avec le mec qui poussais derrière, on a su depuis que c’était un aveugle en plus (...)

 
mardi 22 avril
Source : Birenbaum sur LePost.fr

je vous propose de réfléchir sur ce que vaut une "information" de ce genre Plus précisément de nous demander pourquoi la nouvelle de la mort d’un animateur de télévision (certes également écrivain et chanteur) est devenue une urgence et même un "urgent" sur les fils de dépêches.

Pourquoi il faudrait donc désormais se précipiter pour donner le premier ce genre de news qui pourrait vraiment attendre quelques heures de plus. Et deux ou trois vérifications...

On peut tenter d’expliquer cela de plusieurs manières (...)

Source : Ce qu’il faut détruire
LA NUIT EST TOMBÉE. Des langues de brume détrempée enveloppent la centrale. Au voisinage des projecteurs, le crachin se teinte d’orange. La bise a décimé les dernières patrouilles du soir. Une à une les équipes se désagrègent. Hirohito et Clairon ont prétexté une énième partie de ping-pong pour se réfugier dans la grande salle commune. Tout au bout du couloir du rez-de-chaussée, des grappes d’hommes s’agglutinent le long du radiateur comme les étourneaux sur une branche. Et tout ce monde s’agite de conversations ordinaires et souvent sans queue ni tête. À l’évocation de la une de l’actualité, un Black s’excite. « Et un Tchadien et un Algérien tu crois qu’ils ont l’occase de se faire rapatrier après une arrestation ? Tu crois que les magistrats leur offrent le choix ? Putains de colonialistes de merde, pour le Blanc, c’est game over, pour le Renoi... crève ! » (...)
 
dimanche 20 avril
Source : Chroniques du Yéti
Tous ces quelques exemples, toutes ces défaites sans gloire de l’Empire, toutes ces voies d’eau dans leurs appareils répressifs, éclairent de manière crue l’insigne impuissance des puissances à imposer éternellement leur sinistre autorité. Ces faiblesses quasi congénitales finissent par s’enliser dans la tourmente de leurs ambitions, comme celles des armées nazies ou napoléoniennes en leurs temps. Elles entrent peu à peu dans les consciences des exclus, et ne peuvent que stimuler les désirs de résistance. (...)
Source : Le Portillon

L’étonnement sans cesse renouvellé de l’apparition des premières valeurs d’un tirage noir et blanc dans sa cuvette de révélateur. Inexplicable qu’il ne se soit jamais démenti. Même après tant de fois. Et en dépit de l’odeur pestilentielle de l’hydroquinone oxydée ou des sulfites de soude.

L’indescriptible sensation de laisser entrer la lumière au travers du diaphragme lors de pauses longues et l’imaginer comme le travail de milliers de microscopiques burins. L’appareil, préférablement une chambre, posé sur trépied.

L’expérience de m’être retrouvé enfermé à l’intérieur même du plus grand appareil-photo du monde, celui de la société Polaroid, à Cambridge dans le Massachussets, en compagnie de Robert Heinecken et du technicien de Polaroid, tous les trois plaqués contre ce qui correspondait au plan-objectif, le technicien communicant avec son collègue à l’extérieur de l’appareil à l’aide d’un téléphone (...)

 
jeudi 17 avril
Source : Vu de prison
Au cours des ces dix dernières années, je me suis rendue dans dix huit établissements situés à Paris, en région parisienne et en province. Pas évident d’organiser ses déplacements en fonction des horaires des parloirs, des lieux en ayant par ailleurs une activité professionnelle à plein temps. La priorité est et était de voir Laurent autant que possible, tant qu’il se trouvait sur Paris ou en région parisienne, cela n’était pas trop compliqué. Dans beaucoup d’établissements nous devons prendre les rendez-vous par téléphone à des jours et horaires précis, Il m’est arrivé d’attendre des heures pour avoir le service en utilisant deux téléphones. (...)
 
mercredi 16 avril
Source : Relevé sur le Net...

Métro, ce journal gratuit dont le niveau général dépasse difficilement celui d’une rédaction d’élève dyslexique de CM2, divertit quotidiennement des millions de lecteurs.

L’édition du jour ne déroge pas à la règle. Le duo que forme aujourd’hui ce journal avec le trafiquant de sondages OpinionWay a formidablement agrémenté mon voyage matinal sur le ligne 6. Étoile-Nation, une bonne tranche de rire, rien de tel pour commencer sa journée... un coup à louper sa station. (...)

Source : Claude Guillon

il n’est besoin que de s’éloigner tant soit peu de la résignation commune, qui s’appuie sur un solide mépris des hommes, pour être jugé esclave d’une chimère.

Au fait, sur quoi s’appuie donc le mépris de nos agnostiques ? Eh bien, c’est que les gens sont cons. Les gens sont-ils vraiment cons ? Oui, très cons. Pauvres petits cons. Plus cons que les oiseaux ? C’est difficile, mais les gens peuvent le faire [1]. Plus je connais les gens et plus je me méfie de leurs bêtes.

Les gens sont trop cons, et laids le plus souvent. Ils puent ; sales cons ! Pas un pour racheter l’autre. Les hommes sont cons. Plus cons que les femmes ? C’est difficile à dire ; elles-mêmes le sont très. Des vrais cons. Qu’est-ce qu’on peut faire avec des cons pareils ? Ils sont trop cons, tous les cons vous le diront aussi bien que moi. (...)

 
samedi 12 avril
Source : Palindromes

à peine étais-je arrivé dans ces territoires de l’Est, j’ai su.

J’ai su pourquoi Fabienne Keller (41% des voix au deuxième tour) s’était salement faite virée de la mairie de Strasbourg.

Car j’y suis allé en train.

Je ne sais pas si certains se souviennent de la gare de Strasbourg, toute en grès rose des Vosges (ainsi que la cathédrale), longue comme un jour sans pain (bien plus longue que Perrache, à Lyon), et festonnée à l’ancienne, façon château des bords du Rhin. Je ne vous jurerai pas qu’elle était belle à s’en relever la nuit. Mais les strasbourgeois y tenaient, car ce n’était pas une gare comme les autres. (...)

Source : Le blog de Jean-Pierre Martin
Les Tibétains, qui subissent le joug chinois depuis 1959 (bon en fait le Tibet est chinois depuis le 14ème siècle mais ne compliquons pas les choses), ont eux aussi droit à la LIBERTE. Les manifestations héroïques qui ont eu lieu à Paris lors du passage de la flamme montent à quel point le camp occidental (l’axe du bien) soutient sans réserve les tibétains et leur chef spirituel le Dalaï-Lama. Car quand il s’agit de défendre LA LIBERTE, nous les occidentaux, les français, nous sommes prêts à tout. Il n’est pas question ici de mesures aussi futiles que l’arrêt des relations diplomatiques ou commerciales (on ne va pas s’attaquer à la LIBERTE du commerce) mais d’actions fortes comme éteindre la flamme. (...)
 
vendredi 11 avril
Source : Le Monolecte
Oyez, Oyez, braves gens, à dater de ce jour, j’ai décidé de doter mon arpent de bled d’un dispositif de sécurité visant à empêcher les regroupements de vieillards à proximité de mon bastion rien qu’à moi. Dorénavant des haut-parleurs directionnels diffuseront en permanence les meilleurs morceaux de ACDC, Aerosmith, Metallica ou RATM (liste non exhaustive) afin de me protéger des nuisances (essentiellement olfactives) que produisent inévitablement les attroupements de vieillards, non seulement inutiles (...)
 
jeudi 10 avril
Source : Vive le feu !

Dans l’imaginaire étroit des pauvres clercs de médias qui prétendent penser pour nous, Maximilien de R. vaut à peu près Hitler : sitôt que tu énonces que tu n’es que moyennement d’accord avec leurs sinistres imprécations réactionnaires, ils t’annoncent que tu es sur le point de leur couper le col.

L’autre jour encore, j’entendais je ne sais plus quel sombre crétin expliquer, affolé, que : "Serge Halimi, c’est Robespierre !"

Et ta mémé, imbécile, c’est Lavrenti Beria ?) (...)

Source : Le Monolecte
Il n’aura échappé à personne qu’hier fut une journée particulièrement grandiose pour tous ceux qui ont cru à la légende du princident de l’augmentation du pouvoir d’achat. Cela dit, ce soyons pas langue de pute, le ch’tiot princident n’a jamais cru bon préciser à qui il destinait réellement cette fameuse augmentation du pouvoir d’achat...
 
mardi 8 avril
Source : Le Monolecte

Hier soir, c’était élections au conseil communautaire. Une simple formalité, pensais-je naïvement, quatre ou cinq lignes à étirer dans le canard du bled, une heure tout au plus, avant de regagner mes pénates et me dégourdir les arpions devant un bon film des familles.

Au bout d’une heure, de mise en jambe et prenant connaissance du mode de scrutin utilisé, j’envoyais un SMS à la maison pour indiquer que la soirée était foutue. (...)

 
jeudi 3 avril
Source : Palindromes

Claude Allègre habite une grande maison qui ressemble un peu à une école maternelle, avec des jouets qui traînent partout.

Je remarquai entre autres une boite du Petit Vulcanologue, La Climatologie pour les 6-12 ans, Jouons Avec Les OGM, beaucoup de jouets scientifiques, mais aussi une poupée Ségo plantée d’aiguilles, un garage, une ferme, des peluches, et tout un tas de shoot them up pour PS2.

Lorsqu’il m’ouvrit, il traînait par la ficelle un train aux vives couleurs et ses petits yeux, perdus dans la graisse sous des sourcils laineux, exprimaient le plus vif contentement.

Claude adore les journalistes. (...)

 
lundi 31 mars
Source : La France de Toutenbas

« Ils me battaient comme un chien, tout le temps. Mon grand-père leur disait bien que ça finirait mal, qu’ils iraient en taule ou que je me barrerais.

Ma mère, elle prenait plaisir à me taper, je le voyais bien, elle était mauvaise ma mère. J’ai sept sœurs et deux frères, mais c’est toujours sur moi qu’elle tapait.

Au deuxième degré qu’elle m’a brûlé ma mère, avec du journal et de l’alcool à brûler. (...)

 
lundi 24 mars
Source : Les Nouvelles Chroniques de Ndoumbelane
Ma grand-mère a plus de cent ans maintenant. Bon pied bon oeil comme on dit. Elle vit dans notre village du Saloum un peu loin de Dakar, mais je lui parle souvent. Oui dans ce village, où ni l’électricité, ni l’eau courante n’ont encore cours, le réseau mobile apporte déjà tous les échos de la modernité. Je la vois d’ici se lever de sa démarche fragile, se saisir d’un pot en fer blanc et aller se servir à boire de l’eau fraîche dans la jarre en terre cuite qui a toujours occupé le même coin sombre et frais de sa case. Puis elle revient s’asseoir et reprendre sa conversation avec moi à Dakar ou avec ses arrières petites filles à Paris, peut être avec mon frère dans le Midi, ma soeur en Allemagne ou l’autre qui vit en Asie. (...)
 
lundi 17 mars
Source : Le Monolecte

Dans la série on nous pond dans la tête, à quel moment est-il devenu évident qu’il fallait absolument devenir propriétaire de son logement ?

J’étais en train de lire le bouquin de Mona (pas à l’instant même, mais pendant la période où je le lisais le soir au lit, à l’heure où les paupières se font lourdes) lorsque je tombai sur deux émissions de télé, une made in USA et une bien de chez nous, encore que je serais curieuse de voir le copyright du concept. (...)

 
dimanche 16 mars
Source : Célestissima, le regard de Céleste

Sous un ciel d’orage de grandes filles tristes tricotent de leurs jambes maigres des démarches de chameaux mécaniques. Vacillant parfois sur leurs talons trop hauts, gênées par les plis et les replis des accumulations de tissus qui composent leurs vêtements, elles défilent, empesés comme des momies sous les regards enthousiastes d’un banc de « people » bijoutées et siliconées.

C’est le défilé de la maison Vuitton. Vuitton, et ses sempiternels sacs couleurs d’étron. Vuitton, fleuron de LVMH, fierté de Bernard (...)

 
jeudi 13 mars
Source : La France de Toutenbas
Le scrutin est clos, le contenu de l’urne est retourné sur la table, le dépouillement commence. Affecté au comptage des voix, je tire la langue en traçant des petits bâtons en face des noms égrenés par les scrutateurs. Les mêmes patronymes peuplent les deux listes en lutte, y’a des cousins, des pères et des fils en bisbille, pas se planter de case, l’heure est grave ! Deux listes dans un village de 36 habitants à l’année, c’est pas encore le Kosovo, mais l’ambiance est tendue. Le maire sortant et son challenger ont couvé l’urne toute la journée en se matant en chiens de faïence. (...)
 
vendredi 7 mars
Source : Le Monolecte

Sur le perron, ils se détachent à peine de l’obscurité. On dirait un couple de Témoins de Jéhovah. Sauf que je sais que les Témoins ne font pas trop de retape à ces heures indues. J’en reconnais un : c’est un candidat !

Je leur propose d’entrer. On est en pleine conversion thermique dehors et la température s’effondre après deux semaines d’un temps de fin mai, début juin.

Le gars que je ne connais pas me demande si j’ai bien reçu la profession de foi dans ma boîte aux lettres. (...)

 
mardi 19 février
Source : Palindromes

Vendredi dernier, j’étais invité à la garden party de L’Elysée, en même temps que de nombreuses autres personnes vivant en HLM ; et on s’est tous retrouvés là, Ahmed, Rachid, Mme Souza, Jean-Pierre Chevènement, Kamou (qui sortait de taule), Fatou, Fadela Amara, Mario le gitan, Jean-Paul Bolufer et moi.

Quand on a vu passer Nicolas Sarkozy, on s’est précipité pour lui parler, et j’ai réussi à lui poser quelques questions.

-  Et tout d’abord merci, Monsieur le Président, pour cette invitation, on se régale ! (...)

 
dimanche 17 février
Source : Ironie
Se garder en toute occasion d’être sous l’emprise du plouc roi, de l’homme calculateur, coeur en métal monnaie - du calcul qui refuse la dépense - le calcul est une peur essentielle de la mort - calculer chaque pas, chaque sortie dans le monde, chaque mot - vivre sans s’ouvrir aux autres et au savoir qui pourrait remettre en question les calculs initiaux, les calculs primaires, les calculs pour éviter le danger, c’est-à-dire la pensée, la liberté, la dépense inutile - son éthique : se garder de tout affect, (...)
 
mardi 12 février
Source : Gérard Ponthieu
Feuilles de palmier coupées de la veille. L’ombre rafraîchit la petite courée bien balayée, cernée de cases carrées en banco et toits de paille. Chaises et bancs ont été agencés sur le pourtour. Ainsi qu’une banquette de bois brut recouvert de mousse et d’un tissu jaune bien propre, peut-être neuf. Ce sera pour honorer les visiteurs : un grand « frère » venu de la capitale et deux Blancs de France. C’est fête à Petit-Danané, un baptême rituel pour saluer la venue au monde, il y a deux mois, de « Marie-France Mon Désir », ainsi que le papa, si fier, la présente à l’assistance. (...)
 
jeudi 7 février
Source : Politis

Guerre civile au Tchad ; les rebelles aux portes de N’Djamena ; le président résiste dans son palais encerclé ; les troupes françaises organisent la protection et l’évacuation des civils étrangers ; le récit des premiers rapatriés français, interrogés ce matin à l’aube à leur arrivée à Roissy. Etc.

Pas besoin d’être un grand spécialiste de l’Afrique en général, et du Tchad en particulier, pour trouver à cette actualité chaude (ce lundi après-midi, les combats viennent de reprendre dans la capitale après une accalmie) comme un air (...)

 
jeudi 31 janvier
Source : La France de Toutenbas

Je suis invité dimanche à Rennes, au salon du livre d’Amnesty ("Plumes rebelles"), à participer à une table ronde sur le thème : "Dignité humaine : une question de droits". Je me suis empressé d’accepter, tout faraud qu’on puisse me demander mon avis sur quoi que ce soit.

De plus, je n’ai jamais oublié la recommandation formelle si souvent réitérée par l’ami Serdar au cours de nos divagantes et vertes années : "Quand on te donne quelque chose, du moment que c’est gratuit, tu prends."

Ca tombe bien, ça fait un bail (...)

 
mercredi 30 janvier
Source : Premieres Lignes
Eric Zemmour est un symptôme. Celui du rabougrissement de la France. De la perte de son projet universel. J’ai entendu Msieur Zemmour dans une émission de France Inter, commenter un livre qu’il vient de publier. Le fichier audio a aussitôt été récupéré par un site web d’extrême droite et placé là comme une chronique amie qui prouve bien qu’ils ont raison n’est ce pas puisque même quelqu’un comme Eric Zemmour le dit... Zemmour y expliquait qu’il avait voulu dénoncer dans son livre l’horreur totalitaire de l’anti-racisme. Son roman se passe dans le 19 ème arrondissement. Il y décrit la haine entre les gosses à l’école, « sale juif », « sale arabe », « sale français », les enfants français qui font le ramadan pour se sentir intégrés. L’apocalypse quoi...
 
lundi 28 janvier
Source : Bakchich

Ca y est, notre taxi collectif palestinien démarre. Je compte, nous sommes huit. Et je me dis que peut-être on va mourir.

Le chauffeur roule à toute blinde. Et la route est très dangereuse, et des voitures arrivent en face très vite aussi, et il n’est peut-être que 17 heures, mais il fait déjà nuit. N’ayez pas peur, n’ayez pas peur... C’est A., qui essaye de nous rassurer. Il dit que notre chauffeur fonce, comme tous les taxis ici. Parce qu’ils veulent avoir le temps de passer le checkpoint du retour. Il veulent dormir chez eux en fait. Ah ? Les checkpoints ferment le soir ? (...)

 
samedi 19 janvier
Source : Désordre
La mort de Bobby fischer me laisse tout à fait indifférent, du moins le croyais-je hier en lisant sa nécrologie dans le New York Times. Sans doute parce que je n’ai jamais été un admirateur de son jeu, du temps où je jouais tant aux échecs et où je passais beaucoup de temps à lire des parties - si, j’avais tout de même un petit faible pour une de ses parties espagnoles avec les Blancs dans laquelle l’audacieux doublement des tours dans la colonne a lui permit de se servir du pion a justement comme d’un bélier dans une défense qui craqua d’un seul coup mais je suis incapable de me rappeler contre quel joeur cette partie ?, ni en quelle année ? - mais surtout parce que ce type était un sale con qui profitait du premier microphone tendu pour dire sa haine des Juifs. (...)
Source : La domination du monde
J’étais dans cette sale période où les huissiers jouaient au grand embouteillage devant mon bureau. Ils m’amenaient les plaintes que déposaient contre moi Clearstream, la BGL et la Menatep dans tous les pays où mon livre était sorti. Les danseurs country faisaient des prouesses. Le sosie de Neil Young levait sa bière dans notre direction. J’ai réfléchi à ma situation. Quand vous faîtes une incroyable découverte, que vous pensez qu’un événement est unique et change les représentations collectives, que vous avez épuisé les recours pour vérifier vos hypothèses. C’est aux autres, ceux qui ne vous croient pas d’offrir la preuve que vous vous trompez. (...)
Source : Ecrans
Pour apprécier le rythme auquel se numérise notre environnement sonore, le train, c’est le mieux et le pire. Sans doute, nul espace public ni privé n’est-il désormais préservé des multiples agressions phoniques que génèrent cent portables engins. Il est loin, le temps où des ascenseurs, des parkings ou le métropolitain constituaient autant de havres susceptibles de reposer un peu nos permanents qui-vive. Le bruit parasite est partout, désormais. (...)
 
jeudi 17 janvier
Source : En anglais
I know it’s unpatriotic as hell, but I just cannot get a hard-on about the ’08 American presidential elections. As in, I haven’t read or heard a word about them in a couple of weeks and could not care less whether Hillary showed publicly some emotion, which was the big news when I left the States. The will just isn’t there. And it’s even more difficult from here in this Central American village where so many people have real problems. The kind that that come with being born under one empire, the British one, and living in the shadow of the present American living in the shadow of its walled fortress of armed privilege. One of those problems is who to sell your vote to and for how much. (...)
 
dimanche 13 janvier
Source : Relectures
Et pourquoi non ? Pourquoi se satisfaire de cette formule magique qui prévient toutes les audaces et toutes les révoltes, qui vaccine contre toute situation d’exception ? Pourquoi, alors que l’amitié, l’amour ou la création, une vie riche de sens en somme, ont besoin de ces miracles qu’une formule comme « j’allais tout de même pas... » a pour but de proscrire ? Abracadabra : fini les miracles ! La différence avec Bartleby est fondamentale : « Je ne préférerais pas », c’était son talisman personnel, son arme de résistance bien à lui. Tout au contraire, la formule « j’allais tout de même pas... » se répand comme un virus qui incube le discours, la pensée et le désir pour finalement les contaminer par sa seule force d’inertie. (...)
 
samedi 12 janvier
Source : Ashram de Swâmi Petaramesh

Le Shadok rouge (pâle) est une espèce en voie d’extinction dont une population considérable est éradiquée régulièrement lors de grandes chasses périodiques rituelles qui, sur la planète Shadok, s’appellent Élekssions.

Il reste aujourd’hui fort peu de Shadoks rouges (pâle), La plupart d’entre eux est composée de vieux Shadoks rosis sous le harnois, à tel point que les personnes peu averties les confondent parfois avec les Shadoks roses. Mais c’est faux. (...)

 
vendredi 11 janvier
Source : Ashram de Swâmi Petaramesh

Faisons le tour de ces Shadoks qui portent haut les couleurs de la planète Shadok, sans toutefois se rendre compte, Shadoks qu’ils sont, que s’ils étaient un peu moins Shadoks, ça ferait quand même un bail qu’ils se seraient barrés ailleurs sur une planète où le Cosmogol est plus efficace et de meilleure qualité.

Mais bon, des Shadoks couillus[1] qui pompent dans le bon sens, ça fait plaisir quand même, et surtout ça fout un sacré boxon à Shadokville, ma brave dame, je ne vous dis que ça. (...)

 
mercredi 9 janvier
Source : Bon pour ton poil

Hier, le petit président de nos voisins les français a donné sa première conférence de presse de 2008 mais t’inquiète pas, c’est pas la dernière. Selon que tu lises plutôt 20 minutes ou Le Temps, tu n’auras pas retenu la même chose de ce grand moment de show-business.

Deux phrases importantes dans ce discours, donc. La presse de boulevard a retenu “Avec Carla c’est du sérieux”, une phrase qui rappelle furieusement une autre phrase célèbre, “Avec Hélène, c’est du sérieux, elle m’a invité à la rejoindre à la cafète, (...)

 
jeudi 3 janvier
Source : Amateur d’art
Son nom est difficile à mémoriser et à orthographier. Je ne le connaissais pas il y a deux mois, mais l’ai découvert à Pompidou (mais pas là), et au Jeu de Paume, avant de voir son exposition au Kulturforum à Berlin (jusqu’au 2 Mars). Je me suis empressé d’acheter le catalogue, cher et en allemand, mais splendide, et de rafler toutes les cartes postales, et je lui consacre trois billets. (...)
 
mercredi 2 janvier
Source : L’Humanité
Quand il était petit dans le « quartier pauvre de Neuilly », selon l’expression d’un ineffable « vieil ami » rapportée par le Nouvel Observateur, Nicolas Sarkozy avait une hantise : que ses copains d’enfance découvrent dans le réfrigérateur familial ces vulgaires tranches de saumon fumé sous cellophane, quand le leur venait des meilleurs traiteurs de l’Ouest parisien. Quelques décennies plus tard, le 2 mai 2007, à l’issue de son débat télévisé avec Ségolène Royal, celui qui vient de se présenter comme le « candidat du peuple » choisit d’aller dîner dans une grande maison de caviar sur la place de la Madeleine à Paris. (...)
 
lundi 31 décembre 2007
Source : Le Monolecte

D’un côté, le monde que je connais bien : les chômistes, les smicards, les précaires, ceux qui se serrent chaque jour un peu plus la ceinture. Tout ce petit peuple qui en chie plutôt en silence, qui essaie en permanence de travailler plus pour gratter quelques euros de plus, mais qui ne peut jamais boucler les fins de mois qui commencent le 5.

Et de l’autre, ceux qui ont réussi, comme on dit. Sorte de planches à billets ambulantes, friands de tout, tout le temps, tout de suite. Vaguement blasés, aussi, mais (...)

 
samedi 22 décembre 2007
Source : London Review of Books
At the point when we bought our house in 1996, average house prices in the UK, adjusted for inflation, were some way below the levels they’d hit in the late 1980s bubble. Clapham was then still a place people moved to when they had families and wanted larger and cheaper houses, and were willing to move south of the river to get them. When house prices began to go up, this area began to be colonised by bankers and City types. We were the last non-City people to move into the street where we live - the last of the aborigines. These days, as houses become an ever more critical capital asset, there is a constant va-et-vient of renovation, a non-stop turmoil of attics being done, basements being dug out, skips being filled, scaffolding put up and everything knockable being knocked through. (...)
 
mercredi 19 décembre 2007
Source : Le Pic Vert moqueur
Un jour, une habitante de l’Hermitière entreprit en toute innocence de peindre une paire de volets en jaune. Elle ignorait que la peinture sur volets requérait une autorisation en bonne et due forme et que le jaune n’était pas une « couleur traditionnelle du Perche ». Elle subit les foudres titanesques du maire qui mit en branle toutes les Administrations possibles : préfet, gendarmerie, architecte des bâtiments de France. La gueuse, qui n’aime pas être maltraitée, décida de respecter la réglementation à la (...)
 
mardi 18 décembre 2007
Source : C’est pour dire
Une sorte de dégoût. Non, pas une sorte : un dégoût, un vrai. Sans l’ami Faber, « c’est pour dire » serait KO. Lui aussi, le Dédé a du mal, d’ailleurs, du bout de son crayon pourtant bien affûté ; de la peine, le mot n’est pas trop fort. Comme si la souffrance du monde ne suffisait pas à terrasser ce qu’on nomme l’actualité. Non, elle s’en nourrit, avide, goulue. Voilà donc le Spectacle, le Spectacle de tout et du « tout à l’ego » comme dit Régis Debray, la voilà cette obscénité du paraître et du pognon - le showbiz pour tout dire - portant l’injure à son sommet. (...)
Source : DesMotsCratie
Respublica - Tout autour de nous, ils sont palpables, tangibles et multiples. Ce sont les signes que notre monde, celui de l’après guerre, s’en va définitivement. Nous sommes sortis depuis des années de l’ère gaulliste et des trente glorieuses, mais ses ressorts, ses usages, ses outils pour appréhender le monde, étaient toujours présents du fait même de l’héritage des générations. Beaucoup dans ce pays sont les petits-enfants de cette époque. (...)
 
dimanche 16 décembre 2007
Source : Le Monolecte
Les jours se suivent et se ressemblent. C’est comme si quelqu’un avait installé quelque part une énorme pompe à fric et qu’il n’en restait plus pour les autres. Bien sûr, personne ne présentera ça comme cela, c’est juste que j’ai un peu la sensation que la société manque de liquidités. C’est la croix et la bannière pour récupérer un peu de pognon. Pour la première fois, je joue les agents de recouvrement. Un client qui traînait la patte depuis août. Depuis un mois, il fait carrément le mort. Même chose chez mon ancien proprio : il avait jusqu’à deux mois pour me rendre le bout de dépôt de garantie qu’on avait réussi à lui arracher aux forceps. Jusqu’à deux mois. Ça ne veut pas dire au moins deux mois. Donc, là, va falloir encore que je me ruine en recommandés pour le débusquer au fond de sa tanière...
Source : Alternet via Des bassines et du zèle
Le problème avec Noël, ce n’est pas tant l’histoire des piles qui manquent toujours. Pas non plus tous les chichis qui vont avec. Le problème avec Noël, c’est que plus personne n’apprécie vraiment. Si vous faites un sondage auprès des Américains à cette époque de l’année, vous constaterez que ceux qui appréhendent les fêtes de Noël sont bien plus nombreux que ceux qui les attendent avec impatience. C’est devenu depuis longtemps une période d’agitation extrême, de dépenses excessives, une semaine où on passe son temps à courir pour acheter des trucs dont on n’a pas besoin. (...)
 
mercredi 12 décembre 2007
Source : Le Charançon Libéré

on n’a pas tous les jours l’occasion de trinquer à l’extinction et à la disparition des classes moyennes.

Ni de vider son verre à la santé de la paupérisation de la société française.

Rien de neuf, dites-vous ?

Oui.

On savait déjà que le modèle des Trente Glorieuses, époque fastueuse qui avait vu l’embourgeoisement d’une grande partie de la population, n’était pas promis à durer. (...)

Source : Raphaël Cohen
Il est vrai que je n’en vois guère qui me plaisent, quel que soit leur objet ; quelquefois, à la faveur de l’humour, ou de la joie de vivre ? Même s’ils sont affectés, comme la prostituée doit faire semblant qu’elle aime ce qu’elle propose.
En tout cas, j’éprouve une immense pitié pour ceux qui travaillent dans les eaux glauques et humiliantes de la publicité et du conditionnement, qui doivent vivre du poison amer de l’incitation et de l’incantation, sans probablement avoir de choix, en ce qui concerne des (...)
Source : Les cahiers d’Anne Archet
Imagions que les esclaves, au lieu d’adopter la seule attitude saine d’esprit (qui consiste à s’enfuir dès que l’occasion se présente pour cesser d’être des esclaves) aient plutôt décidé de former des syndicats. Les esclaves auraient fort probablement réussi, à force de luttes épiques et tragiques, à améliorer leur sort. Ils auraient obtenu des congés, la diminution des coups de fouet, l’amélioration de leurs logements, de leur nourriture, peut-être même la possibilité de choisir avec qui ils peuvent se marier. Avec un peu de chance, ils auraient aussi pu former des partis politiques défendant leurs intérêts, agissant au nom de la classe esclave et faisant d’elle l’agent historique du changement social. Les esclaves auraient fini par chérir leur situation et même craindre de la perdre, de subir l’exclusion et de rejoindre les rangs du lumpen-esclavage. Bref : ils seraient devenus les premiers défenseurs de l’esclavagisme par leur incapacité d’imaginer un monde débarrassé du travail servile. (...)
 
mardi 11 décembre 2007
Source : La France de Toutenbas

La victime, selon la dépêche AFP, était un homme de 45 ans « sans emploi fixe », « un individu vivant aux franges de la société », précisait avec délicatesse la presse locale. Comme si ne pas turbiner au même endroit et de la même façon depuis vingt ans était une tare, un dérèglement pouvant expliquer l’horreur que lui ont fait subir les deux pauvres types.

Certes Philippe « Krad » n’avait rien du gendre idéal. Avec sa bonne tronche de marlou, il avait plus de chances de tourner dans un remake des Mystères de Paris ou (...)

 
mardi 4 décembre 2007
Source : El Ryu
J’ai du mal à imaginer aussi le style de vie de ses gosses à lui pour tout te dire. Ce que je sais, c’est que même privé de téléchargement illégal, ils ne manquent de rien. Le truc qui me rassure c’est que mes gosses à moi, (qui auront interdiction absolue d’aller dépenser un centime dans les magasins de ce bouffon), malgré tout ce que je ne pourrait pas leur offrir, ils finiront moins con que les siens. (...)
Source : Les Nouvelles Chroniques de Ndoumbelane

Beaucoup de mes amis sont ce que j’appelle des citoyens de la bulle. Comme moi.

Ils sont cadres supérieurs dans le privé. Ils gagnent 10 à 40 fois le salaire minimum légal sénégalais. Il ont un Bac+5 souvent obtenu en Europe ou aux USA. Ils ont souvent aussi un passeport étranger en poche : un double nationalité. Leurs enfants vont au Cours Privé "Les Maristes" ou équivalent. Ils prennent leurs vacances en Europe. Ils ne se souviennent pas de la dernière fois qu’ils ont pris un car rapide ou un bus. Ils savent rarement dire combien coûte un kilo de riz vendu au détail.

Et, au fond, ce sont tous des inconscients !’ (...)

 
samedi 24 novembre 2007
Source : Politis
Pour un vieux soixante-huitard comme moi, le spectacle de CRS chargeant les étudiants en grève sous les applaudissements et les encouragements (« Allez les bleus ! ») d’autres étudiants ravis ­ quelques images furtivement aperçues à la télé, plus abondantes et parlantes sur Internet ­ est source d’émerveillement, ou d’abattement, c’est selon : avoir 20 ans et une âme de flic, comment est-ce possible ? Entendons-nous bien : le « CRS-SS ! » des cortèges du Mai joli [1] ne témoignait pas d’une grande subtilité (...)
 
vendredi 16 novembre 2007
Source : Vu de prison

Dans mes pires cauchemars judiciaires les juges sont toujours chaussés de chaussures rouges, pourquoi rouge ? Parce qu’elles sont éclaboussées du sang de tous les guillotinés...

Le voyage s’est effectué dans un fourgon de la pénitentiaire. Après un peu plus de trois heures de route, j’arrive à la prison de Metz-Queuleu. Bien entendu, le comité d’accueil est là pour me réceptionner, directeur, surveillant chef, gradé, bref, des têtes qui ne me sont pas inconnues. (...)

Source : Le Tigre

« Le voyage commence à la porte de chez soi. » (Nicolas Bouvier)

Projet de guide de voyage pour des touristes soucieux de trouver des lieux de villégiature d’un nouveau genre. Faites comme notre reporter de choc, testez un week-end dans le métro. Budget des vacances : cinq euros de tickets, quinze euros de boissons, cent euros de podologue à la sortie...

 
mercredi 14 novembre 2007
Source : Le Monolecte

Purée, l’heure est grave ! La France est prise en otage !

D’ailleurs, au bled, ça ne parle que de ça : Ah, font chier à la fin ! On va encore être pris en otage par des mecs qui défendent leurs privilèges !

Là, tu te dis qu’on va se choper une grosse manif’ de droite, avec des 4x4 rutilants qui bloquent LE carrefour du bled et des coupe-au-carré-serre-tête-velours en furie qui vont jeter leurs trois rangs de perlouzes sur la vitrine du boucher... ou un truc dans le genre !

Mais non, ce dont tout le bled parle, c’est la grève des transports qui commence ce soir...

Et là, je me marre !

Parce que je ne vois vraiment pas en quoi la grève des trains, des métros, des bus et des tramways va nous faire chier en quoi que ce soit ! (...)

 
samedi 3 novembre 2007
Source : Le Charançon Libéré

Un anniversaire que ce militaire d’élite de l’armée américaine, ancien pilote personnel d’Eisenhower et fier gaillard heureux de servir son pays, a d’ailleurs célébré dignement.

Avec toutes les bougies nécessaires.

Et le plus grand feu d’artifice que le monde ait jamais connu.

Ce 6 août 1945, peu avant trois heures, il s’assoit aux commandes d’Enola Gay, bombardier qu’il avait ainsi surnommé en hommage à maman.

Dit au revoir à tous ses potes, venus le voir décoller sur l’aéroport de Tinian, petite île du Pacifique Sud. (...)

 
mercredi 31 octobre 2007
Source : Vu de prison
Début octobre 1996, je suis extrait pour reconnaître le président des assises de Vannes ; je passe pour la banque de Noyal-Pontivy. Deux jour avant le procès je quitte le QI de Nantes pour être transféré à la MA de Vannes et, à ma grande surprise, je suis laissé en détention normale. Je peux donc voir Titi ainsi que mes deux cousins et leur ami impliqué dans l’affaire, ils viennent eux aussi d’arriver. Je les retrouve tous en promenade et je les informe de mon état de santé. Titi est affecté par la nouvelle, il me savait malade mais pas à ce point. (...)
Source : Ce qu’il faut détruire
Mieux vaut bouffon et célèbre que mort et oublié : la philosophie des plateaux de télévision prend un tour tragi-comique quand elle fait irruption derrière les hauts murs de la prison. Entre le taulard qui voit dans cette chronique une aubaine pour briser le silence et celui qui préfère qu’on lui foute une méchante paix, voilà que surgit Clairon, le Sancho Pança du pays carcéral. (...)
 
dimanche 21 octobre 2007