En raison du manque d'avancées artistiques en ce moment (depuis un demi siècle environ), et en attendant le rapport de nos camarades parisiens sur leurs sorties nocturnes, nous nous rabattons sur deux articles relevés dans la presse, auxquels ne manqueront que nos commentaires tout à fait superflus.

Ceux qui s'attendaient à voir ici un ersatz de MacLoland en sont donc pour leurs frais. Nous passons, malgré les apparences, à la vitesse supérieure.
Suite à vos réactions, voici tout de même quelques nouvelles de l'artiste.


















DERNIERE MINUTE:
NOTRE TEST DE SOWANA





Paru dans Libération, sous le titre "Le profanateur de pissotières en appelle à l'art", article de Valérie Simonet.

Pierre Pinoncelli, tête en boule de billard et barbe blanche, pose sur ses juges un regard amusé. Devant le tribunal de grande instance de Tarascon (Bouches-du-Rhône), se joue l'issue d'un happening qu'il avait orchestré en 1993. Lors de l'exposition inaugurale du musée d'Art contemporain de Nîmes, l'artiste s'était tout bonnement soulagé dans l'urinoir de Marcel Duchamp, avant de lui assener un coup de marteau, endommageant la porcelaine. Pinoncelli, 70 ans, n'en était pas à son premier coup d'éclat: Malraux s'était vu barbouiller de peinture rouge en 1969, et les clients d'une banque niçoise avaient essuyé un hold-up symbolique de 10 F, en 1975. Fini de rigoler. Pour l'urinoir classé, le ministère de la Culture et AXA, assureur de l'oeuvre, réclament cette fois à l'artiste facétieux la somme de 250 000 F, plus les frais de réparation des dommages, soit 16 000 F. «Le dossier est différent de ceux qu'on traite habituellement dans les tribunaux, a reconnu Me Bozzi, représentant l'Etat et le ministère de la Culture, mais l'urinoir début de siècle "classique", que notre société a érigé en oeuvre d'art, a bien été vandalisé par M. Pinoncelli, qui a cru bon de lui redonner sa destination première, industrielle.» L'urinoir, baptisé Fontaine 1917, a été «fragilisé», «l'objet est infirme, ne peut plus bouger». Alignant les chiffres, le prix de cession, les évaluations d'experts, les aléas des cotes de l'art, l'urinoir de Duchamp s'est finalement trouvé crédité d'une valeur de 450 000 F. Réaction de Pierre Pinoncelli: «Duchamp avait fait ça par dérision, j'ai voulu remettre son oeuvre à sa place, j'ai prolongé son acte de provocation. Le coup de marteau qu'on me reproche, c'était pour signifier son retour au statut d'urinoir. Sinon, une femme de ménage aurait épongé et effacé mon acte sans que personne ne le sache.» Argumentation reprise par Me Arnaud, son avocat: «(...) La provocation de Duchamp se retrouve dans la provocation de Pinoncelli. N'en faisons pas une affaire de marchand.» (...) Pierre Pinoncelli a accepté, par la voix de son avocat, de payer les seuls frais de remise en état. Finaude, la partie civile a lu devant le tribunal une déclaration de l'artiste à la presse en 1994, au sujet de la peine qui lui avait été infligée au pénal en 1993, un mois de prison avec sursis: «Encore une fois (j'allais dire: comme d'habitude!), je m'en suis tiré presque sans rien... [...] cela fait partie du jeu, et ce n'est pas moi qui m'en plaindrai, bien sûr.»


Paru dans Crash (avril 1998) sous le titre "Sowana, premier artiste artificiel", et sous la plume du très sérieux Guy Tournaye.

Pour le Cercle Ramo Nash, le principal média de l'art aujourd'hui n'est plus l'exposition, mais la conversation. L'enjeu n'est pas tant de produire des oeuvres originales que de développer un argumentaire spécifique (...). Premier robot de dialogue orienté art, Sowana peut donc être considéré comme un artiste à part entière. Opérationnel sur le web depuis décembre 1997, Sowana se présente sous la forme d'une interface de dialogue en langage naturel, susceptible d'améliorer sa base de dialogues au fil des dialogues par auto-apprentissage. Cet artiste artificiel, élaboré dans le cadre du Projet Intelligence Artistique, est ainsi en mesure non seulement de participer de manière active à une conversation sur l'art, mais aussi d'optimiser sa stratégie en fonction des informations générées par l'environnement artistique. A ce titre, Sowana traduit la transformation progressive de l'artiste en une "machine informationnelle" dont l'efficacité est de plus en plus conditionnée par sa capacité à manager les flux d'information, qui organisent le champ de l'art et de l'esthétique"