Écrire un livre pour critiquer le désir de beauté ? « Il n’y a pas de mal à vouloir être belle ! », m’a-t-on parfois objecté lorsque j’évoquais autour de moi le projet de cet essai. Non, en effet : ce désir, je souhaite même le défendre (voir chapitre 2). Le problème, c’est que dire cela à une femme aujourd’hui revient un peu à dire à un alcoolique au bord du coma éthylique qu’un petit verre de temps en temps n’a jamais fait de mal à personne.
Autant l’admettre : dans une société où compte avant tout l’écoulement des produits, où la logique consumériste s’étend à tous les domaines de la vie, où l’évanouissement des idéaux laisse le champ libre à toutes les névroses, où règnent à la fois les fantasmes de toute-puissance et une très vieille haine du corps, surtout lorsqu’il est féminin, nous n’avons quasiment aucune chance de vivre les soins de beauté dans le climat de sérénité idyllique que nous vend l’illusion publicitaire. (...)
Source : Livre, éditions Zones
Avant de se voir décerner le Prix de la Bande Dessinée alternative au 39e Festival d’Angoulême pour sa revue š ! #09 : Female Secrets, la maison d’édition lettone kuš ! aurait tout aussi bien pu rajouter un point d’interrogation à son nom. Au travers de cet entretien avec David Schilter et Sanita Muižniece, nous découvrirons le travail de pionniers mené par les éditeurs de cette série d’ouvrages collectifs de haute tenue lancée en 2007 dans un pays où la bande dessinée était alors inexistante.
J’ai toujours prêté mes bouquins. Et j’en offre aussi assez souvent. Aujourd’hui c’est l’anniversaire de ma grande fille Madeleine, 13 ans, alors Madeleine, je t’offre le Vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway dans sa nouvelle traduction de François et Madeleine, comme je te l’ai déjà appris, il FAUT prêter ses livres, donc Madeleine vous prête son exemplaire du Vieil homme et la mer.
On le sait, désormais : qu’on leur laisse les mains libres, et pour maintenir leurs profits, ils iront jusqu’au bout. Jusqu’au désastre. Comment on va s’y prendre, alors, pour leur retirer le pouvoir ? Mon « Que faire ? » ressemblerait plutôt à « Que ne pas faire ? » Qui ne va pas vous brosser, chers lecteurs, dans le sens du consensus…
Dimitri n’a plus de doute sur le déroulement des faits. « Je suis arrivé sur la place relativement tard. Venant par la rue de la Métropole [reliant la place de la Constitution et le quartier de Monastiraki], la police ne nous laissait pas avancer, les casseurs étaient déjà là, nous avons l’habitude ils sont reconnaissables, certains manifestants se joignaient à eux, mais j’insiste, le but principal de la police était de nous éloigner de la place avant et durant le vote des députés. C’est la première fois que je voyais ceci, nous avons tenté et repris la place au moins dix fois sous un déluge chimique, tu te souviens, durant l’été, au bout de deux à trois fois on abandonnait. Puis, nous avons compris que les cagoules, certes mélangées à de manifestants en colère, font partie d’un plan. En tout cas, la police s’acharnait sur nous...
C’est donc en totale harmonie avec ses valeurs humanistes que l’égérie du Parti Chrétien-Démocrate a déclaré sur TF1 son rapprochement avec le futur candidat de l’UMP.
Mme Boutin tient toutefois à ce que sa petite musique soit entendue. Elle exige ainsi en contrepartie de son soutien que la solidarité soit un thème majeur de la campagne, au même titre que la mise au pas des assistés, le renvoi chez eux des Crouilles et des Nègres ou, on l’a vu, la relégation des invertis dans leur placard. (...)
Abdellali Hajjat : La première fois que j’ai été confronté au terme d’« assimilation », en lien avec l’administration des étrangers et la nationalité, c’est à travers une expérience personnelle. J’ai bénéficié du droit du sol et lorsque j’ai fait ma déclaration de nationalité à 16 ans, l’agent du tribunal d’instance m’a demandé si je voulais changer de prénom ou de nom. Cette demande de francisation fait partie de la routine administrative : l’agent n’avait pas conscience de la violence symbolique de cette question. Or cette expérience, vécue assez jeune, a été vraiment un choc pour moi dans la mesure où c’était une manière de m’assigner à une identité autre qui n’était pas française. Je me doutais bien qu’individuellement, je n’étais pas un « Français à part entière » et qu’il y avait une distorsion entre « identité légale » et « identité réelle », en raison de l’expérience, partagée par tous les enfants d’immigrés des classes populaires, des rapports conflictuels avec la police, l’institution scolaire, etc. Mais là, au moment même où il y a une démarche d’inclusion dans la « communauté nationale », l’État renvoie à une assignation identitaire de l’Autre. (...)
La victoire électorale des Frères Musulmans et des Salafistes en Egypte (janvier 2012) n’est guère surprenante. La dégradation produite par la mondialisation capitaliste contemporaine a entraîné un gonflement prodigieux des activités dites « informelles », qui, en Egypte, fournissent leurs moyens de survie à plus de la moitié de la population (les statistiques disent : 60%). Or les Frères Musulmans, sont fort bien placées pour tirer profit de cette dégradation et en perpétuer la reproduction. Leur idéologie simple donne une légitimité à cette économie primitive de marché/ de bazar. Les moyens financiers fabuleux mis à leur disposition (par le Golfe) permettent de le traduire en moyens d’action efficaces : avances financières à l’économie informelle, charité d’accompagnement (centres de soins et autres). (...)
L’hôpital subit depuis 2009 des réformes lourdes de conséquences pour ses agents comme ses patients. Un ouvrage collectif montre comment le management pénètre progressivement tous les aspects de la vie hospitalière pour en modifier l’activité et la finalité.
Une ribambelle de flics, des patrons, un avocat bien en vue, deux loges maçonniques, un hôtel de luxe, des dirigeants du PS, un proxénète, et en embuscade, une longue série supposée d’élus, de notables, de magistrats, voire de journalistes... La bourgeoisie nordiste boit la tasse.
« Tu aimerais, dis, une petite fille à trois dollars, disais-je à Jack. - Shut up, Malaparte. - Ce n’est pas cher après tout, une petite fille pour trois dollars. Un kilo de viande d’agneau coûte bien plus cher. » Curzio Malaparte décrit en 1945 l’incommensurable honte d’être vainqueur et la dérive d’une Italie prête à se vendre, sans grande résistance, à ses nouveaux maîtres. Ce soir, c’est la Grèce qui subit cette humiliation infinie. Et c’est l’Europe toute entière qui peut faire sienne ce précepte de « La Peau » : « Quand on est lâche, il faut être lâche jusqu’au bout ». (...)
First published in 1982, the comic series V for Vendetta charted a masked vigilante’s attempt to bring down a fascist British government and its complicit media. Many of the demonstrators are expected to wear masks based on the book’s central character.
On croit toujours que la presse alternative roule sur l’or. Qu’elle tourne à la coke, aux biftons de 500 et aux colloques à Marrakech... Bah non. En fait, elle galère, pauvre comme Job, voire plus ; rogne sur chaque dépense, chaque boutanche de Villageoise. Aujourd’hui, c’est les camarades et amis de La Brique, excellent canard lillois, qui auraient bien besoin d’un petit coup de pouce. (...)