Le peuple est devenu une variable d’ajustement, un opérateur dans des équations comptables, c’est ce qui n’existe pas, ce dont on se méfie, ce qui a toujours tort. Cet automne, dans trois ou quatre endroits du monde, les élites technocratiques ont pointé simultanément leur regard vers le peuple comme la cause de tous les maux. Ce fut le cas en Grèce, à l’occasion du référendum que Papandreou voulait organiser. Jamais depuis la Deuxième Guerre mondiale l’idée de demander son avis au peuple n’a suscité une telle levée de boucliers, une telle unanimité contre la sauvagerie, la barbarie, l’ignorance. Comme s’il s’agissait de laisser un continent entier, noble et civilisé, à une horde de gens désargentés, flemmards… (...)
Source : Regards.fr
Alexandre Grothendieck racontera dans Récoltes et Semailles, une autobiographie écrite vers 1985 qui ne trouva pas d’éditeur mais dont des extraits ont fuité sur Internet, qu’il pouvait se rendre à pied au lycée de Mende, à trois kilomètres de là. Bon élève, « sans être brillant », dit-il, il fait des maths comme les enfants imaginent des histoires de pirates. Par jeu. « J’ai appris par une détenue, Maria, la définition du cercle. »
L’immense différence entre le logiciel informatique défectueux et le script de conversation du service téléphonique inadapté, c’est que dans le second cas, le problème n’est pas dû à un imprévu ou à une incompétence, il est intentionnel.
À croire que la terre tout entière tourne autour de notre petit hexagone. D’ailleurs, c’est bien connu, la crise des subprimes, c’est la faute à Sarko, si les Grecs bouffent le noyau des olives, c’est la faute à Sarko, si les travailleurs allemands ont des jobs à 1€, c’est la faute à Sarko, c’est les Portugais vont perdre 4 jours de congés payés, c’est la faute à Sarko, si les Suédois sont invités à se défoncer au boulot jusqu’à 75 ans, c’est toujours et encore la faute à Sarko et si tout le continent européen est en train de suicider ses classes populaires à grands coups de rigueur dans la gueule pendant que les riches ne savent même plus comment dépenser les sommes incommensurables qu’ils ne cessent d’amasser (mais non, puisqu’on te dit que ça n’a rien à voir avec les vases communicants !), c’est bien sûr de la faute à Sarko ! (...)
Feu Иосиф Виссарионович Джугашвили l’avait tôt saisi : rien ne vaut, pour mater la dissidence, un bon gros procès en extrême droitisation, du style, Igor trouve qu’on a des trous dans le Госплан, mais ce n’est pas du tout étonnant, car Igor est un hitléro-trotskiste, maudit soit ce chien d’Igor, qu’on l’empare, qu’on le loubianque, qu’on le marque du sceau de l’infamie nazie, et qu’on n’en parle plus - non mais sans déconner, pour qui se prend ce tout petit mec ? (...)
dessin Rimbus
Le bon manifestant ne doit utiliser aucune espèce de couvre-chef, de manière que son cuir chevelu puisse accueillir la rencontre avec la raisonnable matraque d’autodéfense. L’utilisation du casque, en plus de mettre les gens de mauvaise humeur, est un geste de provocation sans équivoque… Il s’oppose au bon travail des forces de l’ordre et peut être utilisé comme une arme terrible (je connais un casque qui à lui seul a détruit un quartier entier). Et puis pourquoi mettre un casque et se couvrir le visage si on a sa conscience pour soi ? Qui est en paix avec soi-même n’a pas besoin de paravent (...)
La police française est formelle : les plus radicaux des activistes français iraient se former à la violence de rue dans une Grèce en crise… Démontage d’une intox. (...)
À l’heure où les plans d’austérité se multiplient, où le chômage partiel se banalise, où la durée de vie au travail s’allonge un peu partout, quel est l’état de santé des salariés européens ? Les inégalités sociales face à l’enjeu de la santé au travail demeurent très fortes. Pour espérer vivre vieux, mieux vaut être cadre qu’ouvrier, et ouvrier que jeune précaire. Entretien avec Laurent Vogel, de l’Institut syndical européen. (...)
La question de l’eau va s’inviter avec force dans le débat public à l’occasion de la tenue du 6e Forum mondial de l’eau (à Marseille du 12 au 17 mars 2012). Un Forum alternatif mondial de l’eau est organisé en parallèle, porteur d’une autre vision du monde. Ce rendez-vous déterminera pour partie l’issue de la bataille engagée depuis une dizaine d’années pour l’hégémonie culturelle sur la question de l’eau. Dans le monde entier, les tenants de la marchandisation des services hydriques ont perdu la bataille de l’opinion. Mais ils ne s’avouent pas vaincus. (...)
Ben Gazzara est mort.
J’ai fait sa connaissance en pied en 1995 à Alès, à Itinérances, le festival de cinéma qui anime la cité gardoise.
Ce fut mémorable. Essayez donc de rester à discuter deux heures avec un acteur de premier plan, de lui faire dire des choses sur son travail, ses relations avec ses copains Peter Falk et John Cassavettes…
Tu vois, dans une candidature, en fait, il y a tout ça : une vie, des petits ratages et de grandes espérances, des mots polis par l’expérience, des gens qui soutiennent et filent un coup de main à l’occasion, et une putain d’envie de faire quelque chose de bien de tout ça. Tout ça dans quelques grammes de papier en impression laser couleur à l’association du bled, parce que mon imprimante à moi, elle a fini par en avoir marre d’attendre des jours meilleurs.
Ça se comprend, ce n’est qu’une machine.
La brique de plastique jadis conçue par un charpentier danois n’est plus protégée par un brevet depuis 1988. Résultat, le groupe Lego voit des clones apparaître un peu partout dans le monde. Éprouvée par des batailles judiciaires à l’issue insatisfaisante, comme ce fut le cas la semaine dernière, l’entreprise cherche à re-définir la valeur juridique de ses jouets. (...)
Il adorait l’ordre et le pain complet, détestait les vaches et les syndicalistes. Au début du XXe siècle, l’industriel américain Henry Ford impose sa vision du monde à la construction automobile. Avec l’ambition d’étendre « rationalisation » et « standardisation » à toutes les activités humaines. En créant Fordlandia au cœur de l’Amazonie, autour d’un centre de production de caoutchouc pour ses pneumatiques, il met son rêve en pratique. (...)
Rosa Luxembourg
Les aciéries de Ploërmel, dans le sud de la Bretagne, font beaucoup parler d’elles. Lâchées par les actionnaires, elles ont été reprises en coopérative par les métallos en 2005. Les bénéfices de l’entreprise, spécialisée dans la production de pièces ferroviaires, vont croissant. Les aciéries embauchent et les conditions de travail se sont améliorées. Comme quoi, les salariés ne sont pas des patrons comme les autres. (...)